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17 novembre 2015 2 17 /11 /novembre /2015 17:34

C'est le retour du "Pffff".

Pas le "pfffff je dois mettre un froc pour aller acheter des clopes", le "Pffff j'ai tellement serré les fesses que j'en ai chié des spaghettis vendredi soir" et le "Pffff j'en peux plus de ce tas de conneries consécutif."

J'avais prévu de parler de la Marche de la Dignité. J'avais un article tout prêt, même. Mais bon.

Quand ma-mère-de-substitution m'a appelée vendredi soir, j'étais -comme souvent- à la masse, ambiance une bière un dollirhume et au lit. On a rigolé nerveusement, on y croyait pas, c'est pas sensé arriver chez nous ce genre de trucs, et puis on savait pas encore pour Beyrouth, et puis au TrèsLoinistan et en Ailleursdie, ça pète tous les 4 matins, si on devait choper des crises de nerfs à chaque fois on trembloterait comme tous les hoteps de france et de navarre au départ de la course du plus intégré que le plus intégré de tes bambougnoules. Même au téléphone avec mon Grand Leader, on a fait des blagues, on a plaisanté, tout en suivant "en direct" le déroulé de l'horreur, tellement on a pas l'habitude de flipper autant.

Et puis la panique, la vraie, la grosse. Appeler ma sœur, faire le tour des amis, des connaissances, des proches, compter mes poussins comme une mère-poule (voire une mamie-poule), checker Facebook compulsivement, avoir les boyaux qui se relâchent au fur et à mesure que les noms défilent, avec la mention "en sécurité". Etre d'autant plus soulagée qu'au Liban, ils l'ont pas eu l'appli en question. Avoir des frayeurs quand quelqu'un donne pas de nouvelles, se redétendre du slip quand on finit par en avoir. Et puis être désemparée parce que des membres de La Famille ont perdu quelqu'un, des potes ont perdu quelqu'un, bref mesurer à quel point on a le cul bordé de nouilles et se demander comment font les Palestien-nes, les Congolai-ses, les Camerounais-es, les Lybien-nes, les Syrien-nes, les Nigerian-nes... comment font les gens chez qui le 13 novembre, c'est tous les jours, dans l'indifférence générale. Si c'était ça mon quotidien, je serais la première à dériver dans les eaux internationales avec ma bat-bouée, mes chats et mes valoches.(Monsieur Ficus est un bon nageur, il pousserait.)

Et puis, la vague de merde.

Vous vous souvenez peut-être en 2001, comment on se foutait de la gueule de Bush? Comment dire...

Le Charles de Gaulle déployé contre Daesh: on affaiblit le terrorisme où on le renforce? Par François Burgat.

Vos guerres, nos morts Par Julien Salingue

Raison Garder, Orient XXI

Et puis, les chiens sont lâchés. 

La peur, la colère et leur haine Par Crêpe Georgette. 

Voir un de mes petits choux qui a eu la peur de sa vie vendredi soir flipper de se faire ratonner, comme le gars à Pontivy. Voir des manifs de fafs anti-réfugié-es, des lois liberticides applaudies dans le plus grand des calmes, encore plus de toute puissance de la police.

Des incidents racistes ou islamophobes recensés depuis les attentats sur Buzzfeed.

La déchéance de nationalité pour lutter contre le terrorisme, vraiment? Par Gwen Fauchois

Supporter le racisme plus ou moins larvé d'abrutis qui trouvent de mauvais goût que des gens manifestent leur soutien à la Palestine (sachant qu'à Gaza entre deux bombardements, des Palestinien-nes ont pris le temps de se photographier avec des pancartes de soutien, écrites en français et en arabe, mais écrire en arabe c'est "une provocation" paraît-il...) 

C'est marrant ça, tout le monde trouve logique et normal que le monde entier soutienne la france, mais dès lors qu'on manifeste son soutien à d'autres pays, c'est caca.(1) A ce compte-là, on peut dire ce qu'on veut: vous avez pas affiché le drapeau du Yemen quand Daesh a massacré des étudiants? Vous êtes pour le terrorisme. Vous avez rien dit quand des kamikazes du même Daesh se sont fait exploser sur des marchés, dans des mosquées, dans plusieurs pays? Vous êtes pour le terrorisme. On va pas répéter une fois encore que plus de 80% des victimes de Daesh sont des musulman-es, que ce sont des musulman-es qui les combattent dans ces pays dont vous vous foutez. On va plutôt parler de votre bêtise. 

Penser face à l'horreur Par Saïd Bouamama

Les pelles à merde qui appellent à la désolidarisation fissa des musulman-es, c'est quel genre d'indécence? Des victimes parisiennes étaient musulman-es. Quand vous demandez la désolidarisation, vous présumez la solidarité, la complicité, la caution, l'implication, la responsabilité. En clair, vous accusez des gens qui ont peut-être eu peur pour leurs proches, qui en ont perdu, qui attendent dans les couloirs de l'hosto. Vous êtes des raclures. Vous êtes complices de la violence, des actes islamophobes qui se multiplient, du racisme. Pas de 'malgammes, hein? 

L'urgence de la dé-essentialisation: peut-on réduire les "musulmans" à la seule lecture du Coran? Par Joao Gabriell

"Pourvu que ce ne soit pas des musulmans" Par Ndella Paye

Parlons également de la neuneuserie généralisée. 

Attentats: ce n'est pas à "notre amour des libertés" que les djihadistes s'en prennent, Par François Burgat. 

Votre imagerie parisienne, là, qui exclut de fait les racisé-es,banlieusard-es et musulman-es, vous réalisez pas à quel point ça nous met de côté. Bientôt les mêmes connards qui nous accusaient de venir souiller la capitale avec nos mauvaises manières de racailles-de-banlieue, vont nous accuser de cautionner le terrorisme et de pas faire preuve de solidarité parce qu'on aura pas sauté en masse dans nos TER pourris pour venir boire des coups en terrasse. 

Ben non, vendredi soir on était pas trop occupé-es à faire la chenille et agiter des drapeaux algériens (sic), dans nos banlieues pas-charlie, on flippait comme tout le monde, parce que ouais, nous aussi des fois on sort "à la grande ville", on a des potes, de la famille là-bas. (2)

Le Pfff de lassitude devant la débilité d'éditorialistes, journalistes, chroniqueur-ses qui te débitent des "Paris c'est mater les femmes en jupe courte, boire du vin, la fête, le champagne gna gna gna...". Ah ouais, faut un attentat pour que vous admettiez que vous êtes des gros porcs qui harcèlent, bon début...(et encore, la minijupe le reste du temps quand on en met on est des salopes qui cherchent.) Matraquer que c'est pour ça que les terroristes ont frappé, et non pas s'interroger sur le fait que ce pays créée tellement d'exclusion que ses propres ressortissants en viennent à le haïr et à passer à l'acte de façon aussi violente. Continuez à faire la fête, si c'est votre moyen de surmonter votre chagrin (et personne ne vous blâmera pour ça) mais arrêtez avec vos "tout ce qu'on continuera à faire pour emmerder les terroristes" vu que 1)les terroristes en question s'en branlent que vous alliez partouser à République, veuillez vous réferer au lien précédent, 2) tout le monde a pas les moyens (géographiques, financiers, etc.) de "continuer à faire ceci ou cela". 

Quand Daesh frappe en Bougnoulie ou en Noiraudie, c'est aussi parce qu'ils en ont après le champagne, le rock et les terrasses? 

Pourquoi, si c'est le mode de vie occidental "dépravé" qui les chafouine, n'ont-ils pas frappé des pays encore plus "libérés", comme la Hollande, la Norvège, etc.? Canalisez votre ethnocentrisme. 

Le Pfff de chagrin quand des dirigeants africains font la queue pour soutenir la france et décrètent des jours de deuil nationaux, quand la france s'en bat la race de ce qu'il peut bien se passer chez eux, et qu'ils ne font rien pour leurs voisins ou leur pays...(nan parce que les milliers de morts au Nigéria en janvier, ou le génocide au Congo, ici on a entendu les criquets. Comme pour le berger tunisien.)  

Le Pfff de dégoût devant le drapeau français. Vous savez ce qu'il signifie pour nous? Et, au passage, l'attentat le plus violent à Paris avant le 13 novembre 2015, c'était le 17 octobre 1961, (200 morts) mais j'imagine que "attentat perpétré par sa propre police" ça faisait mauvais genre. J'en peux plus d'entendre la marseillaise tout le temps: 

Elle me fait horreur, votre Marseillaise de maintenant ! Elle est devenue un cantique d’État. Elle n’entraîne point des volontaires, elle mène des troupeaux. Ce n’est pas le tocsin sonné par le véritable enthousiasme, c’est le tintement de la cloche au cou des bestiaux.

Jules Vallès, L'Insurgé

Non, nous autres, on applaudira pas les flics qui nous agressent, nous humilient, nous harcèlent et nous tuent, et qui vont continuer en toute impunité. On a eu confirmation que même touché-es de près ou de loin par la douleur, on était pas invité-es à votre grande fête de départ en guerre. J'ai saisi des bribes d'un discours de Hollande (j'étais en train de faire trempette) qui disait, "la France se lève dès qu'un de ses enfants est à terre". Ben je devais me tirer les crottes de nez quand de nombreux enfants ont été tués, sur le sol français, par la police française, parce que j'ai vu personne se lever. Ce n'est pas déplacé de parler de ça. C'est le message qu'envoie quotidiennement la france à ses "banlieues", à ses noir-es et ses arabes, à ses musulman-es: vous n'êtes pas invité-es. Dès lors, on peut comprendre (et COMPRENDRE n'est pas EXCUSER ni MINORER, faites pas genre vous avez pas compris) que certain-es paumé-es se tournent vers des tarés fanatiques qui leur disent "vous êtes traités comme de la merde, rejoignez-nous". 

Ici, à quelques bornes de Paris, on sait ce que c'est, un couvre-feu, la BAC qui tourne, et tout le bazar. On a pas envie de revivre ça. Pas plus qu'on a envie de se faire regarder de traviole, bousculer, insulter, balancer (la délation, une tradition française). Je vais devoir produire un compte-rendu exhaustif de mes bitures parisiennes et mentionner que j'ai vu Eagles Of Death Metal en 2009 (à Rock en Seine) pour être d'office exemptée de vos suspicions malsaines?

Après l'horreur, double ration de nausée. Je suis pas prête pour des actes politiques parisiens (d'après ce que j'ai compris, finir à quatre pattes à Ménilmontant maintenant c'est un acte de résistance...Tout ce temps où avec le Gang on a fait de la politique et on le savait même pas.) parce qu'en dehors de ma zone charlie-free, odieusement multiculturelle, pleines de MUSULMAN-ES, je me sens moyen en sécurité. Et j'aurais jamais cru dire un jour que Mantes, c'est plus sécurisant qu'ailleurs. (En dehors des flics, des perquiz et des barrages.) 

Monsieur Ficus a fait un acte politique, lui (sans le savoir) (3). En rentrant de vacances, il est allé direct acheter son pain et raconter son petit périple à la boulangère voilée, puis il est allé faire coucou à la boucherie hallal, puis se faire tailler la barbe chez le coiffeur ISLAMISTE-tailleur-de-barbes-djihadistes. Il a peut-être pas bu une bière en terrasse à Paris, mais il a juste été sourire aux commerçants du quartier: il a affirmé que la haine avait pas tout à fait gagné. Et le soir quand on se goinfrait au resto indien, il a enfin reçu des nouvelles de son cousin qui était à République vendredi. On en est là: de la même façon que les gens ont tellement conscience de leur racisme que quand quelqu'un ne l'est pas, on veut lui offrir des fleurs (la dame interviewée par BFM), un glandu blanc de banlieue qui crache pas sur ses voisins en les soupçonnant d'accointances mahométanes forcément pro-terroristes devient un genre d'anomalie. 

(Et au fait, Malek Boutih, le Bataclan c'est aussi une salle de rap, on a pris nos billets pour Oxmo Puccino en mars, bisous.) 

 

Laissez-nous tranquille, nous réjouir pour nos proches qui s'en sont sortis, les soutenir quand ils ont perdu quelqu'un. Ne venez pas questionner notre chagrin, notre "position", ne venez pas nous demander de cautionner vos bombes. Ne venez pas nous gonfler avec vos conceptions biaisées de la "liberté". Foutez-nous la paix. C'est bien le moins que vous puissiez faire, pendant que vous êtes très occupés à foutre la guerre. 

 

Il y avait des gens de police parmi les agresseurs, mais ils n’avaient pas eu à donner le signal. Il leur suffisait de suivre la fureur publique et de choisir alors, dans le tas,(...) Et voilà que c’est sur les talons des soldats qu’elle marche à présent, cette foule ! (...) On dirait une fête de la Haute, une cérémonie de gala, un Te Deum à Notre-Dame ; il flotte dans l’air un parfum de veloutine et de gardénia. Rien ne dénote l’émotion et la crainte qui doivent tordre les cœurs quand on annonce que la patrie va tirer l'épée.

Jules Vallès, L'Insurgé

 

 

 

Edit: Une pensée pour Yola au Nigeria. 

 

 

 

 

 

 

 

 

(1) C'est le même processus qui réfute toute interrogation et réflexion quand ça se passe "chez nous", et qui parallèlement appelle à la "rationnalisation" et nous fait des numéros de hoola-hoop intellectuel pour justifier l'indifférence quand ça se passe "ailleurs" ou que des non-blanc-hes sont concernéEs. 

(2) Un mensonge de l'extrême-droite, diffusé sur les rézosociaux, qui parlait de "scènes de liesse dans le 93,94 et 95. "(oui nous on est a priori pas inclus-es mais faut savoir que pour une grande majorité de gens, Mantes la Jolie c'est le 9-3...) (en plus de l'Arabie Saoudite, coucou Philippe Esnol)

(3) La personne étant barbue et d'origine belge (comme certains des terroristes identifiés) je compte la dénoncer incessement sous peu, et faire acte de patriotisme. (En vrai je veux m'en débarasser parce que c'est juste pas possible de vivre avec quelqu'un qui chante la chanson de la Reine des Neiges après le coït.) 

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18 août 2015 2 18 /08 /août /2015 21:34

Salut, ça biche? Le pied? 

Avant de me jeter des trucs sur pour cette blague, laisse moi le temps d'expliquer.

 

Je savais pas bien par où commencer (tu avoueras qu'après une si fracassante entrée-par effraction-j'arrête, promis-en matière, c'est difficile) d'autant plus que le sujet est pas facile-facile, mais après un passage sur la Soupe à l'Herbe, le blog MERVEILLEUX de la non moins MERVEILLEUSE Tanxxx (j'ai pas oublié qu'elle m'avait ici même demandée en mariage, j'espère qu'elle est toujours ok, j'ai ciré mes Creepers pour l'occaz) j'ai réussi à remettre mes idées en ordre, jugez plutôt avec cet extrait de l'article Ras-le-bonbon

 plus jamais je ne ferai confiance à un compagnon qui se pique de féminisme comme une envie de pisser qui te prend.  Plus jamais je ne ferai confiance à un compagnon qui demande (ou pas d’ailleurs) à se servir de ce qu’on dit, de ce qu’on dénonce ou de ce qu’on écrit, il ne comprend pas ne serait-ce que le 12e des implications et des questions qui nous animent. Et il n’a aucune envie de savoir.

A lire aussi: Camarades à la con et Autocensure sur Comment peut-on être féministe

Tu remarqueras, aviséE que tu es, que cette problématique raccorde avec ma série précédente, et sur comment le ménagement de la sensibilité blanche nous bouffait toute possibilité de l'ouvrir clairement sur nos réalités. Voici deux articles supplémentaires là-dessus, cadeau:

Le racisme a fait de moi la personne que je suis aujourd'hui, par Ellen Oh

La fragilité blanche: pourquoi est-ce si dur de parler aux blancs de racisme? par Robin Diangelo

Ben là, pareil, magie de l'intersectionnalité: ménager la sensibilité des zhômmes qui nous font l'insigne honneur de s'intéresser à nos luttes de bonnes fâmes, ça nous bouffe. 

Parce que faut pas se leurrer, s'ils s'infiltrent dans la brèche du féminimz, la plupart du temps, c'est pour occuper un peu plus d'espace.

Pause: avant de venir brailler "pas tous les hommes!!!!" et "pas tous les hommes proféministes", mets toi bien dans le crâne, avec un tire-fonds si besoin, que là on parle de circonstances qu'on a connues et qu'on s'en fout que pas tous.

Comment faire fondre un fusible à un mec: "tous les hommes disent "pas tous les hommes". Voilà, je laisse ça là, reprenons. 

C'est parce que c'est dans leur intérêt. Parce que, soyons honnêtes deux minutes, pourquoi les campagnes bisounours gentilles à base de "les hommes ont leur place dans le féminisme, les hommes ont tout intérêt à détruire le patriarcat, youpitralala" marchent aussi bien, c'est parce qu'on pomponne un peu le féminisme, on le rend sexy-chocolat pour que ces messieurs consentent à venir nous filer un coup de main. 

 

Avant, quand j'étais jeune (HIER, donc) j'étais aussi un peu en mode "déménagement": pour attirer des gens à votre déménagement, vous leur faites miroiter de la bière à volonté, de la pizza tiède et un bail à vie sur votre clic-clac car vous savez pertinamment que PERSONNE, en dépit de l'amour que les gens vous portent (je pars du principe que vous êtes comme moi, une personne toutafé délicieuse aiméE d'une foule de gens tout aussi délicieuxSES) (QUI RICANE DANS LE FOND?) n'est prêtE à se fracasser le dos et les jambes pour trimballer votre Batmobile en pièces détachées (1) juste par pur altruisme et la joie de vous voir bien installéE. 

Et puis, la vieillesse et ses désillusions venant, j'en ai eu marre. Nous, ce sont nos vies qu'on joue. On a pas le temps pour les alliés en polystirène, les soutiens en carton, les militantismes en placo-plâtre que l'on devrait SURTOUT pas effriter. Mec, c'est du sérieux là, on est pas là pour te distribuer tes bons points sur ta carte de militant accompli, du plus déconstruit que le plus déconstruit de tes copains une vraie biatch des magasins   (2) Notre lutte n'est pas une peau de chamois destinée à lustrer ton égo ou te laisser te moucher dedans quand t'en as trop marre de ces mégères vindicatives qui veulent même pas voir ta grandeur d'âme et qui veulent pas t'écouter. La BASE, c'est pas faute de l'avoir répété pourtant, c'est de poser son cul, de la fermer et d'écouter pour COMPRENDRE. Parce que ta perception du truc, merci mais on s'en fout, en fait. Si on a besoin de ton avis on te le demandera. C'est comme si je me pointais à une conférence sur les nudibranches et que je commençais à palabrer sur ce qui est le mieux pour elles juste parce que je traîne sur des sites d'aquariophilie. (Ouais chacunE ses vices) 

Ce qui m'a frappée (aïe) en lisant Tanxxx et d'autres personnes, c'est la similarité des situations. Apparament dans nos si joyeux "milieux", il arrive fatalement un moment où on ramène en loucedé le ciment et la truelle pour colmater cette brèche et s'assurer que le kiki va plus y foutre les pieds. Et en plus des fois, on se maudit parce qu'on a nous-mêmes ouvert la brèche, jouasse qu'on était d'avoir un allié.

 

Avant de me lancer plus avant dans l'explication, je tenais à vous faire partager une autre observation frappante: est-ce qu'on a tant besoin que ça des mecs dans le féminisme? Comme le disait très justement une copine, au nom de quoi on devrait accepter, se pousser et faire une place à nos oppresseurs? Quand des gens se foutent en grève, mettent en place une lutte effective, leur premier souci c'est pas d'inviter le patron à venir donner son point de vue sur leur mouvement, encore moins de lui laisser complaisamment tenir le stand des merguez (3) C'est d'être écoutéEs par ce même patron, celui qui fait partie du système et qui en bénéficie, aussi choupitrognon soit-il et sincèrement empathique pour les opprimés. 

C'est le moment pour vous dévoiler ce que j'appelle le proféministe Sopalin. Qu'est-ce donc, (presque) Docteure Ficus, vous demandez-vous? Eh bien les enfants, listons les caractéristiques de Sopalin pour mieux comprendre:

*se branle sur le féminisme, mais seulement le féminisme gentil blanc TM (voir Babtous fragiles-première partie) celui qui se pousse pour lui faire une place. 

* Sait mieux que toi et chougne quand tu le contredis. 

* Retrouve miraculeusement tous ses réflexes de dominant quand il s'agit de te faire fermer ta grande gueule, toi femelle ignorante. 

* Chougne quand tu lui expliques pourquoi les hommes au lieu de crevarder pour avoir une "place", de la visibilité, etc, devraient utiliser plutôt l'espace et la visibilité que la société leur confère automatiquement en tant qu'hommes pour diffuser nos revendications (et s'effacer) au lieu de nous emmerder. Et que, plutôt de venir nous brailler leurs grands principes antisexistes, ils devraient allaient le faire devant leurs congénères, quand ces mêmes congénères font preuve de sexisme. Nous, merci, ON EST AU COURANT. 

Je fais une petite pause pour expliciter un peu, et vous avez intérêt à faire gaffe parce qu'il y aura une interro à la fin (non) : ON A PAS A VOUS FAIRE UNE PLACE: l'équité homme-femme, elle est pas arrivée pendant qu'on se tirait les crottes de nez, on vous doit pas une parole équitablement répartie dans nos luttes, en fait, tombez pas de vos chaises, mais: ON VOUS DOIT RIEN. 

*Chougner, chougner, chougner encore, que MOI MOI MOI ET MA PLACE BUBUBUBU, ou MOI MOI MOI JE SUIS PAS COMME CA. Ben si, autre scoop, va pas nous faire une attaque, mais à partir du moment où tu tiens un discours oppressif, t'es comme ça. 

*Ramener le collectif à l'individuel, ou, plus clairement: tout faire tourner autour de sa gueule, ce qui a pour finalité de nier un système et faire des sexistes et misogynes des anomalies sorties de nulle part. Ah oui eux ils sont caca-boudin, mais MOI MOI MOI je suis pas comme ça et c'est très important que tu le saches. C'est bien connu, quand on fait face à un machin sexiste, notre première (consolante) (non) pensée c'est: "OUF, de savoir que Sopalin est pas comme ça, ça me soulage tellement et me fait tellement me sentir mieux, ouh la la, que je suis contente de savoir en ce moment précis que Sopalin lui il est pas comme ça, j'en oublierais presque qu'on est tellement submergées par le  la culture du viol, le machisme et le sexisme qu'on pourrait y faire du dos crawlé." Non? 

* Faire semblant de comprendre sur le moment, reconnaître ses torts et replonger joyeusement dans ses travers, tout en espérant que d'avoir reconnu son comportement oppressif, ça le dédouannera de le perpétrer. 

Oui, Sopalin préfère dépenser de l'énergie à justifier son comportement de merde, plutôt que d'arrêter d'avoir un comportement de merde. Et par dessus le marché, il vient larmoyer pour être absous de ce même comportement au motif qu'il en est conscient. 

 

* Espérer avoir son autorisation tamponnée par une meuf féministe pour [insérer ici loisir/activité/discours sexiste[ Manque de bol, si l'autorisation est refusée, Sopalin se foutra en rogne et laissera s'exprimer le machi-macho qui sommeille en lui. Et toi, t'es gentille, tu penses de bonne foi avoir affaire à une personne supposément au fait du sexisme, du patriarcat tout ça tout ça, vu le discours "officiel" que tient la personne susnommée, du coup t'expliques, tu prends le temps, alors que t'es juste en train de le perdre avec Machi-Macho qui veut son tampon "Féministe approves" pour continuer pépouze à cracher à la gueule des meufs en toute bonne conscience. 

Astuce: La seule chose à répondre, c'est "VA BIEN CHIER DANS TA CAISSE". 

*Te dérouler son palmarès de féministe pour que t'arrêtes de lui râper les noyaux. Dans l'esprit de Sopalin, l'antisexisme, c'est une carte à points: t'as un certain nombre de points, ça t'autorise à faire des trucs sexistes de temps en temps, et puis il fait de mal à personne...Bon, toi, t'es pas une vraie personne, c'est normal qu'il te gueule dessus, c'est pas comme si ses "bububu" et ses insultes et autres, tu les avais pas entendues des centaines de fois...juste parce que t'es une femme. Mais sans sexisme, hein. 

* T'agiter sous le nez les exemples sortis de sa musette de "copines pas féministes" qui font ceci ou cela, comme si les situations étaient parfaitement symétriques et n'existaient pas dans un contexte particulier. Sopalin est épuisant, inutile de le préciser. 

* Continuer de se répandre et de justifier son sexisme tout en se défendant d'être sexiste: ben ouais je fais de la merde, mais je sais que ça en est! Oh oui je sais c'est mal hein, mais mon confort prime sur tout, et puis j'ai dit que c'était pas bien, je suis une bonne personne. Ben oui, si je mets le feu à quelqu'un, je SAIS que c'est mal, mais j'en suis parfaitement consciente alors c'est pas bien grave. La personne cramée sera sans doute toutafé ravie d'apprendre que je suis consciente de mal faire, ça soulagera ses souffrances. 

*Continuer d'ouvrir sa gueule sur des sujets qu'il ne maîtrise pas quand la décence la plus élémentaire devrait la lui fermer, définitivement. Et valider nos propos, comme si une fois proférés par Sopalin, ils devenaient enfin pertinents et dignes d'intérêt. 

* Ne considérer les meufs que par le prisme de sa sacro-sainte bite: ce ne sont pas des personnes, ce sont des supports à branlette. (d'où la pertinence de l'appellation Sopalin) Et t'avises pas de lui dire que fétichiser la sexualité lesbienne (mais seulement les lesbiennes conformes aux critères admis, jeunes-blanches-minces-imberbes etc) c'est HOMOPHOBE, ne voir les meufs (trans ou cis) que comme des nichons et des culs où il pourrait coincer son chibre c'est SEXISTE, parce que Sopalin s'en tape: il fait de mal à personne, c'est pas sa faute, c'est la faute au patriarcat. Mais à part ça, il est déconstruit, hein, et démolir ou du moins questionner le patriarcat? Bof, seulement pour dire "le patriarcat me fait faire ceci ou cela, c'est triste, mais c'est pas pour autant que je vais arrêter. Je me questionne, et je vous fais profiter de mes questionnements, c'est déjà pas si mal". (merci mais on s'en serait passéEs. Si si.) 

* Etre ignorant: la tranphobie, la binarité, le genre tout ça ouh la la, c'est mélangé au shaker-et ressorti en bouillasse improbable juste pour t'accuser toi de transphobie ou de sexisme ou autre quand tu pointes ses conneries (Sopalin se torche avec la cohérence)- mais jamais compris correctement. Ce qui est beau, c'est que ça l'empêche pas de l'ouvrir. 

* l'hypocrisie: Sopalin est prêt à prendre fait et cause pour les putes, les meufs voilées, les meufs trans, les meufs queers, les meufs non-blanches, mais SEULEMENT pour parler à leur place et pour se faire mousser. Dès qu'on gratte un peu, on s'aperçoit vite que la seule chose importante pour Sopalin, c'est LUI, SA vision du féminisme (au service de LUI-MEME et des autres zhommes en fait) et rien d'autre. 

N'hésitez pas à rajouter des points si vous en voyez-voire des exemples.

Et voici un guide fort pédagogique pour éviter de devenir un Sopalin: 

Salut Camarade sexiste! Etre un allié pour les femmes en 40 pointssur le tumblr Les yeux noirs. 

Et soyez bien sûrEs qu'un mec débarquera pour dire "woooh la la mémé, qui t'as fait chier à ce point pour que tu détestes autant les zhômmes?"...La réponse est dans la question, abruti. 

 

 

Je n'aime pas les définitions du féminisme qui ont pour but de faire apparaître le féminisme comme non menaçant pour les hommes. Oui, le féminisme les menace, et encore heureux."

Source

 

 

 

 

 

 

Addendum: J'ai un souci avec la page des liens depuis les grands travaux d'Overblog, du coup pas moyen de l'éditer proprement. Je pondrai donc bientôt une liste de tous les liens de sites, blogs, tumblr... que je voulais y faire figurer. 

Et n'oubliez pas, les contributions sont toujours ouvertes.  (et pas seulement pour rédiger ma thèse à ma place) 

 Bisous

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

(1) Quoi, TOUT LE MONDE a ça chez soi, non? 

(2) Rhooo ça va, j'l'ai dit que je vieillissais. 

(3) Oui je caricature à dessein. 

 

PS: "Bububu, tu détestes les zhommes cis hétéros j'le savais vilaine misandre cisphobe hétérophoooobe alors qu'ils souffrent aussiiiiiii et pis c'est pas de leur fôte comment oses-tu en faire un argument à chaaaaarge bububububu" Ouais, j'anticipe maintenant, appelez moi Madame Soleil. 

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14 juillet 2015 2 14 /07 /juillet /2015 15:18

Première Partie

 

Seconde Partie

Sur l'appropriation culturelle, une publication d'Amandla Stenberg: (traduction):

Les caractéristiques noires sont belles, les femmes noires ne le sont pas. 

Les femmes blanches sont des parangons de vertu et de désir. Les femmes noires font l'objet du fétichisme et de la brutalité. 

Ceci, au moins, semble être la réalité entourant la féminité et la beauté noires dans une société construite sur des standards de beauté eurocentrés. Pendant que les femmes blanches sont louées pour avoir modifié leur corps, repulpé leurs lèvres et foncé leur peau, les femmes noires sont stigmatisées, même si les mêmes caractéristiques existent sur elles naturellement. 

Ce double standard est une corde du filet enserrant la sexualité féminine noire-une toile qui piège les femmes noires quand elles revendiquent une autonomie sexuelle (NdT: difficile de traduire "agency" littéralement, au sens, être "active" parce que ça change le sens-ici il faut comprendre "active" comme opposée à "passive") La notion que les corps de femmes noires, à l'intersection de l'oppression, sont moins qu'humains et donc peu attrayants, est profondément ancrée dans la culture. Ils sont symboles de douleur, de traumatisme et de dégradation. Souvent quand ils sont sexualisés, cela provient d'un fétichisme racial. 

La sexualité noire féminine est un point sensible-sensible avec une suppression de tabous profondément enracinée-dont les effets sont étouffants. (NdT: "envahissants") 

Les stigmates l'entourant sont intégrées par les infrastructures et la psyché américaines comme en témoigne la façon dont les femmes noires (NdR cis et trans) sont agressées sexuellement et traitées par la police-un acte fréquemment non déclaré par les médias. Quand les médias n'ignorent pas totalement les femmes noires, ils sont désobligeants envers elles. 

Pendant que la culture change et que les tensions raciales sont interrogées via le mouvement BlackLivesMatter, il est important de se poser la question: 

La vie des femmes noires compte-t-elle aussi?

En prenant pour point de départ l'appropriation culturelle j'ai constaté qu'en fait, elle dépassait le "simple" pillage d'éléments "superficiels" (tissus/coiffures/prénoms*): il y a une véritable appropriation des corps noirs. Les blanc-hes peuvent les exposer dans des zoos humains (et chougner que c'est de l'aaaaart), ou exhiber la reproduction du cadavre d'un Noir assassiné par la police, comme au bon vieux temps où les Noirs étaient exposé-es dans des foires, tranquillou. Les corps noirs n'ont pas droit à la dignité, même morts: on parle de "tas de corps" lors des massacres au Nigéria en janvier, on les montre à loisir, tout comme les vidéos de gamine noire se faisant tabasser par un flic ou d'un homme noir étranglé/passé à tabac etc. Dans l'inconscient blanc, nous leur appartenons. Elles/ils peuvent toucher nos cheveux, notre peau, limite si elles/ils avaient pas peur de se faire mordre elles/ils nous examineraient les chicots. 

Là Babtou fragile vient t'affirmer que c'est par intérêt/curiosité/affection. Ok, ça justifie que tu te permettes d'être aussi intrusif-ve? Tu peux pas manifester ton intérêt/curiosité/affection de loin?  (Touche à ton cul, quoi) Et si possible sans être offensant-e, et faire des "lalalalala je t'entends pas" en te plaquant les mains sur les oreilles quand on t'explique POURQUOI ça l'est?

Honnêtement, entre les pelles à merde qui dénigrent ouvertement toute culture non occidentale et plus particulièrement les cultures noires, (africaines, afropéennes, afro-américaines, caribéennes) en les taxant d'infériorité et les ravi-es de la crèche qui découvrent un beau matin le tissu Wax, le twerk et les nattes collées (oui ça synthétise au maximum, faudrait surtout pas s'interroger plus avant, ça forcerait à être respectueux-ses) je sais pas bien ce qui est le pire...

Et ne parlons pas de la carte bonus "j'ai vécu en Afrique/'jy suis allé-e en vacances/j'y ai fait de l'humanitaire" (l'Africanie, ce grand pays des bananes plantains et de la bonne conscience blanche). Babtou fragile va même te frire la tête si toi, en tant que non-blanc-he né-e en france, t'as pas eu l'occasion pour moult raisons privées d'aller panafricaniser en mode Malcolm X (j'aime assez ce néologisme) Babtou fragile SAIT mieux que toi, quoiqu'il arrive.

 Un dernier truc: j'ai remarqué aussi que Babtou fragile n'aime pas bien la désignation "blanc" ou "noir", comme vu précédemment, mais que parfois elle/il pousse le truc jusqu'à se faire expertE Pantone JUSTE pour pas dire "Noir" ou "Blanc". Le désormais mythique "je suis pas blanc, je suis saumon clair" voisine au panthéon de la débilité avec les considérations vaseuses sur le "noir": lors d'une discussion FB une abrutie a sorti "ma fille en primaire est plus intelligente que vous elle dit pas "noir" elle dit "marron" pour parler de ses petits camarades". Moui...comment dire...

1) Moi aussi quand j'étais gamine on me disait "marron". Soit pour pas avoir à dire "noire" parce qu'être noire c'est supposément pourri pour les blanc-hes, soit pour se moquer de moi, me dire que j'étais sale, que j'étais tombée dans la merde, que j'étais grillée, que j'étais moche quoi. 

2) Dire "Marron" pour parler d'une personne noire ou métisse ça a un sens, NEUNEU. Le marronnage ça te dit rien? Les Marrons (pour aller vite) sont les esclaves en fuite. Quand tu dis de quelqu'un qu'elle/il est marron tu dis que c'est un-e esclave qui s'est enfui-e de la propriété de son maître, BIEN JOUE. Apprenez le sens des mots avant de l'ouvrir, sérieux. Et apprenez-le à vos gosses au lieu de vous esbaudir d'une prétendue ouverture d'esprit enfantine innocente trop choupinou, la prochaine fois qu'on fera le bilan, calmement (blague de vieille: si vous trouvez la subtile référence vous gagnerez un limonadier parlant à mon effigie.) 

J'ai même eu droit à une autre abrutie qui me disait de ne pas me définir comme Noire (merci mais je fais encore ce que je veux) que j'étais pas "que" ça. Oui merci bien tout à fait je suis au courant, maintenant VA LE DIRE A LA SOCIETE ET ARRETE DE M EMMERDER. 

*Les prénoms, cet ENJEU MAJEUR des gens qui n'aiment pas qu'on dénonce l'appropriation culturelle: ben oui on devrait pouvoir donner le nom qu'on veut à ses gosses, RAF si les immigré-es donnant des prénoms "traditionnels"/ de leur bled natal (forcément sauvage, forcément) sont pointés du doigt pour leur refus d'intégration, que les gamin-es font l'objet de moqueries à l'école, voire des enseignant-es (mon instit de CM1 qui prenait un malin plaisir à appeler ma copine Latifa "Lafita" d'un ton dédaigneux...j'en ai encore des remontées gastriques), que ces noms ont une signification pour leurs parents autres que "haaan cétromignon tellement original tellement exotique", que parfois ces prénoms sont la seule chose les rattachant à leur culture d'origine...DOUBLE STANDARD COUCOU. 

 

En somme, Babtou fragile ne peut s'empêcher de ramener sa gueule sur TOUT. Si Babtou fragile donne subitement l'impression de se soucier des problématiques spécifiques des non-blanc-hes, c'est pour les instrumentaliser. Il y a toujours une confiscation de la parole à l'arrivée. Ce que l'on attend de Babtou fragile, c'est une prise de conscience. En clair: si tu veux aider, tant mieux, mais avant, tu la fermes et tu t’assois.

On ne veut pas culpabiliser (on a bien compris que ça de toutes façons, on pouvait faire une croix dessus, pour rester polie)  ou quoi, on s'en fout: ce qu'on ne veut plus, c'est que dès lors que l'on parle de racisme, subir des "bubububu mais non mais gna gna gna" (oui au bout d'un moment on n'entend plus que ça) 

Je lis souvent aussi la critique, au sujet de l'afro-féminisme, que c'est confus pour les non concernées parce qu'on dit bien haut ce qu'on ne veut plus mais pas ce que l'on veut. Je répondrai qu'on veut avant tout qu'on nous foute la paix, qu'on nous laisse faires nos trucs sans les phagocyter, les récupérer pour finir par les jeter au motif que "c'est trop clivant". Et si, une fois que ceci est bien compris et admis, vous avez envie d'aider/soutenir:

Pour finir, des trucs à lire, à voir, histoire de se coucher moins neuneu (fais clic dessus) :

La Mort de Danton d'Alice Diop (je crois qu'il est dispo intégralement) 

Every single word, un tumblr qui compile les interventions des P.O.C dans les films. 

J'étais un Black Dragon, itw de Patrick Lonoh: le "pour nous et par nous" de l'époque ancestrale (on sait bien que pour toi sale jeune les années 80 c'est le crétacé) 

L'épisode de ToonGrrrlZ consacré à Jazmine Dubois réalisé par ma merveilleuse amie Docteur Pralinus, blindé de liens (dont votre serviteuse, oui conflit d'intérêt), un parfait exemple pour répondre à ceusse qui geindraient "oui mais alors du coup on peut pas parler de noir-es si on est pas noir-es": SI, quand c'est fait dans le respect, et documenté. 

Et puis allez voir ses chaînes YT intégralement, tout ce que fait cette enfant est génial. (oui c'est une enfant pour moi, même si elle me rend une tête et demie.) 

 

BISOUS. 

 

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13 juillet 2015 1 13 /07 /juillet /2015 18:27

 

(la première partie est juste en dessous, déroule, déroule, sinon après tu sauras pas.) 

 

Faisons la liste de ce qui effraie Babtou fragile plus généralement maintenant:

Le communautarisme donc ( déjà évoqué), une femme noire championne de tennis, le "racisme antiblanc" et le racisme "inversé", la menace du politiquement correct, toute mention de "race", l'appropriation culturelle. (et doit sûrement y avoir d'autres choses mais on a pas toute la journée non plus)

Le "racisme antiblanc" et le racisme inversé (notons que déjà s'il est "inversé" cela veut dire qu'à l'endroit, comme il est sensé être donc, il est PAS tourné envers les blancs. Y'a rien qui gigote là?)

Babtou fragile a toujours des histoires plein sa musette d'agressions subies "en banlieue" (terre sauvage s'il en est) et de "sales blancs" et autres. Ce que ne pige pas Babtou fragile, c'est que c'est de la discrimination MAIS que ce n'est pas un outil de domination: cette discrimination ponctuelle ne fait pas partie intégrante de la société et n'a jamais contribué à dévaluer des populations entières, à les exploiter, à les coloniser, à les tuer en toute impunité, à les agresser légalement. Nous quand on vous cause racisme, on parle de racisme systémique: à la fois étatique ET sociétal ET culturel. Alors si Mamadou t'a fait un croche-patte à l'arrêt de bus en 5e et t'as traité de sale tuubab, pardon de pas verser la larmichette de rigueur, surtout que Mamadou se fait traiter de sale singe/nègre/ et autres joyeusetés et se fait tabasser par les keufs dans l'indifférence la plus totale GRACE au racisme. 

Idem pour le "racisme inversé" si brillamment démonté par Aamer Rhaman

Babtou fragile est plein de contradictions: elle/il n'hésite pas à minorer le racisme quand il touche des non-blanc-hes (avec suspicion, guillemets et conditionnel de rigueur) en revanche, si Babtou fragile décèle une odieuse manifestation de "racisme antiblanc" (et ça peut aller très vite hein) là c'est Apocalypse Now, la Chevauchée des Walkyries et un torrent de larmes comme quoi c'est dégueulasse l'antiracisme traditionnel laisse les blanc-hes de côté ouin ouin ouin où c'est-y qu'on peut se plaindre nous? 

Bonne nouvelle: PARTOUT. (Sauf ici, c'est pas la fête du slip.) 

Le "politiquement correct": Babtou fragile n'aime pas bien qu'on lui dise que ses propos sont racistes, et craint de devoir se museler: ce qui veut dire que Babtou fragile place sa sacro sainte liberté d'expression (en réalité son petit confort) bien au dessus de ta gueule, dont elle/il veut pouvoir se foutre en toute tranquillité. Babtou fragile va t'enjoindre fortement à faire preuve d'auto-dérision, comme sa caution racisée qui prend ça très bien, ELLE. A contrario, si tu oses te moquer de Babtou fragile, tu fais le jeu du FN avec ton racisme antiblanc et même que t'égorges des chatons dans ton grenier.(Grenier acquis grâce aux monstrueuses allocations scandaleusement grattées en ne foutant rien mais en volant tout de même le travail des blancs bons français.)  Et puis Babtou Fragile est pas raciste, les blagues c'est pour se moquer des racistes enfin voyons tu me connais. Pardon mais, qu'on me crache dessus au premier degré ou au second, le résultat est le même: un glaviot. Ca sera aussi dégueulasse,  et les racistes sensés être atteints par ce glaviot n'auront rien à nettoyer du tout.  

Babtou fragile déteste quand on lui met le nez dans son caca. Quand elle/il tient des propos racistes, sérieusement ou sous forme de blague (moisie) et qu'on le lui fait remarquer, vous pouvez d'emblée sortir le parapluie et le K-way: 

Relax, si les propos racistes ne sont "que des mots", ou même "des dérapages"....pointer le racisme, ce devrait pas être si grave, non? Ce ne sont que des mots. Et puis qu'est-ce que ça peut bien foutre qu'on pense que t'es raciste, vu que t'as pas l'air de te préoccuper des personnes victimes de racisme au quotidien? Ce qui est drôle, c'est de voir les gens totalement silencieux-ses devant des horreurs faire front (national) (cadeau) pour défendre une personne accusée de racisme. 

Voir se fâcher tout rouge (mais dans ce cas précis ça fait diversion pour les mensonges.) 

C'est simple pourtant: si tu veux pas qu'on te traite de raciste, ARRETE DE TENIR DES PROPOS RACISTES/ D EXCUSER LE RACISME/ DE LE NIER. C'est connu comme combine, non?

Attention, dans l'arsenal de Babtou fragile, aux côtés de la caution-racisée, y'a "l'avocat du diable". Le diable a pas besoin d'avocat. Si c'est ça votre priorité, vous participez au racisme. 

Bien sûr des racisé-es vont d'elles et d'eux mêmes prendre la défense des gens tenant des propos racistes, se joindre à l'équipe qui crie "vous exagérez vous voyez du racisme partout". Mais ce n'est pas parce qu'elles et eux l'ont intégré et ne sont pas dérangé-es par ça que c'est pas dérangeant pour autant. Tout comme l'excuse du "oui mais unetelle ou untel dit des trucs antiracistes, on peut pas le/la taxer de racisme, c'est un "dérapage"!". Heu si. Si je nettoie mon appart de fond en comble mais que je chie dans le salon, d'avoir briqué le sol et fait les vitres n'enlèvera en rien la merde sur ma table basse. 

Point pôtinage artistique: avec tous ces gens qui "dérapent", ce ne sont plus les médias qui devraient commenter leurs glissades nauséabondes, mais Pierre Fulla tout seul.  

Babtou fragile n'aime pas qu'on dise qu'en tant que blanc-he, qu'elle/il le veuille ou non, elle/il bénéficie de la domination blanche (d'ailleurs Babtou fragile a parfois du mal à admettre la domination blanche)  Babtou fragile y voit l'assertion catégorique: "les blancs sont racistes" et pour elle/lui c'est une honteuse généralisation qu'elle/il met sur le même plan que "les noirs sont fainéants et sentent mauvais", "les asiatiques sont fourbes", "les arabes sont des terroristes". 

Des personnes blanches se sont-elles vu refuser des logements au motif que "les blancs y sont racistes je veux pas de ça chez moi?"*Ont-elles déjà souffert de ce stéréotype de façon concrète, genre affiches/propagandes etc, afin de les inféoriser? Ont-elles vu des écrits sur "le péril blanc" et la menace que représentait leur prolifération? Les stéréotypes racistes font partie intégrante de l'entreprise de dénigrement des non-blanc-hes. Si vous dites "les blanc-hes sont racistes", ça n'a AUCUNE conséquence sur la vie des blanc-hes en tant que groupe ethnique. Quand vous entrez dans une chocolaterie avec affiches vintage, ce n'est pas un Blanc caricatural qui vante les mérites du chocolat Félix Pottin ou Banania. Ce n'est pas vous qui allez vous énerver, entendre la vieille peau dire bien haut exprès "et on a plus de tête de nègres", vous prendre dans la gueule votre statut de colonisé-e, de négresse, d'être inférieur, des fois que vous l'auriez oublié. 

POUR LA 100E FOIS: NOS SITUATIONS NE SONT PAS SYMETRIQUES, ELLES EXISTENT DANS UN CONTEXTE PARTICULIER. 

*Soyez bien sûr-es que Babtou fragile trouvera moyen de dégotter une anecdote non vérifiable sur le sujet hein. 

C'est drôle tout de même: quand nous on se plaint de racisme, qu'on raconte nos expériences, on nous demande des preuves-sans doute analysées ensuite par un panel d'expertEs. Alors que les blanc-hes croient sur parole les non-blanc-hes dès lors qu'elles/ils vont dans leur sens. 

Poursuivons. 

La mention des races sociales: Babtou fragile aime pas qu'on la/le dise blanc-he. Elle/il a tellement l'habitude d'être le neutre, l'universel, que ça la/le chafouine. Faites le test pour voir: prenez une fiction, regardez les descriptions de personnages dont la couleur n'est pas mentionnée: par défaut on admet que ce sont des personnages blancs. 

Babtou Fragile est parfois tellement à la masse que quand on lui dit d'arrêter de dire "black"  elle/il chougne que "oui mais si on dit Noir c'est raciste". Non non bichon, ce qui l'est, c'est de dire "une Black" ou "une Noire" pour parler d'une meuf dans un contexte où la mention de sa couleur n'apporte strictement rien. Personne ne dit "les white" (à part Manuel Valls face à une pénurie de "blancos" au marché d'Evry)

'"Oui mais tu dis "babtou", c'est comme dire "bougnoule"! Renifle Babtou fragile. Ben déjà non, vu que c'est un mot argotique pour dire blanc, tandis que "bougnoule" est un terme péjoratif. Et vu que vous dites "black" et que vous nous renvoyez systématiquement à notre appartenance raciale (tout en nous accusant d'en parler tout le temps et de nous victimiser, sinon c'est pas drôle) je vois pas pourquoi on pourrait pas dire "babtou". Fin de la pause linguistique. 

Synthétisons un peu avec des extraits du texte de John Metta, I, Racist. 

Je ne parle pas de race avec les Blanc-hes car j'ai si souvent observé que ça n'allait nulle part. Quand j'étais plus jeune, je pensais que c'était parce que tous-tes les Blanc-hes étaient racistes. Récemment, j'ai découvert que c'était plus nuancé que ça. 

Pour comprendre, vous devez savoir que les Noir-es pensent en terme de Population Noire. Nous ne voyons pas le meurtre d'un enfant noir innocent dans un autre Etat comme quelque chose de séparé de nous, parce que nous savons viscéralement que ce pourrait être nos enfants, nos parents, ou même nous. 

(...)

Les Noir-es pensent en termes de "nous" parce que nous vivons dans une société où les structures sociales et politiques interragissent avec nous en tant que Population Noire. Les Blanc-hes ne pensent pas en terme de "nous". Les Blanc-hes ont le privilège d'interragir avec les structures sociales et politiques de nos sociétés en tant qu'individus. Tu es "toi", je suis "l'un d'entre eux". (...) Ils n'ont pas besoin, ni le plus souvent un réel désir, de penser en terme de groupe. Elles et Ils sont soutenus par le système, et surtout non affectés par lui. 

Ce sont les attaques envers leur propre personne qui les affectent. Pour ma tante (blanche, NdT) la suggestion que "les gens du Nord sont racistes" est une attaque envers elle en tant que raciste. Elle est incapable de différencier sa participation à l'intérieur d'un système raciste (mobilité sociale, pas de profilage racial, capacité de déménager dans une banlieue blanche, etc.) d'une accusation d'être, elle, individuellement, raciste. Les Blanc-hes en général décident de défendre vigoureusement leur propre anti-racisme personnel, ou de signaler que ça n'existe pas parce qu'elles et ils ne le voient pas. 

Le résultat de ça est un argument répété sans cesse quand une personne noire dit "le racisme existe toujours. Il est réel.", et une personne blanche argue "vous vous trompez, je ne suis pas raciste du tout. Je ne vois même pas le moindre racisme." La réponse immédiate de ma tante n'est pas "Ceci est faux, nous devrions faire mieux." Non, sa réponse relève de l'auto-défense: "Ce n'est pas ma faute. je n'ai rien fait. Vous vous trompez." 

(..) Le racisme, c'est le fait que "blanc" signifie "normal" et que tout le reste est différent. Le racisme est notre acceptation d'un casting intégralement blanc pour Le Seigneur des Anneaux à cause de la "véracité historique", ignorant le fait qu'il s'agit d'un monde avec une histoire entièrement fictionnelle

(...) 

Le système est fait pour les Blanc-hes, donc les Blanc-hes n'ont pas à penser à propos de vivre dedans. (...)

La réalité de milliers de personnes violées, tuées, emprisonnées et systématiquement privées de leurs droits est moins importante que la suggestion qu'une seule personne blanche pourrait être complice dans un système raciste. (...) Des millions de vies noires valent moins que les sentiments blessées d'une seule personne blanche. 

Les Blanc-hes et les Noir-es n'ont pas une discussion sur la race. Les Noir-es, dans une logique de groupe, parlent de vivre dans un système raciste

Je vous invite bien sûr à lire tout ce texte génial. Je vois d'ici Babtou fragile agiter la main et hurler "oui mais ça c'est aux staïtz ici c'est pas pareiiiil!" 

Va donc lire ceci, tiens...Et puis va faire un tour sur ce blog, ça te fera pas de mal. 

Babtou fragile pense qu'ici, comme y'a pas de stats ethniques (oui bon y'a bien le père Ménard qui flique les gamins muslims mais c'était sans penser à mal.) on est tous-tes logé-es à la même enseigne...Et puis la société est métissée gna gna gna. Oui ben si le métissage mettait fin au racisme ça se saurait. J'aurais déjà mon prix Nobel de la Paix sous le bras. Et les ingénu-es qui pensent sincèrement que coucher avec une personne non-blanc-he garantit automatiquement du racisme vont au devant de grosses désillusions: les misogynes hétéro couchent bien avec des femmes hein...

Image provenant d'un article de The Feminist Wire, sourcé sur Luxury of Obliviousness (mais dont le lien ne correspond plus maintenant.) Grand merci à Jonas L. pour son aide. 

 

Quand on parle de racisme, dans le meilleur des cas on a droit à "oh la la c'est triste mais bon tu sais tous les blancs ne sont pas comme ça."

JE M EN TAPE. Si ta priorité c'est de défendre les blanc-hes, si ça t'emmerde plus que je puisse penser que les blanc-hes sont racistes que le fait que je subisse du racisme, bientôt ta nouvelle priorité ce sera d'esquiver les torgnoles. Et puis ce colorblind à la mord-moi-le-noeud..."oh la la c'est vilain quand même, on est pareil-les..." SUPER NOUVELLE VA DIRE CA AUX KEUFS, AUX PATRONS, A MA CONNASSE DE VOISINE, z'ont pas l'air au courant. 

A ce stade, Babtou fragile va te sortir l'argument clé du racisme intra-communautaire. Oui et? Ce n'est pas parce que des non-blanc-hes peuvent être négrophobes par exemple que ça t'autorise à l'être. T'as cru qu'on acceptait mieux misogynoir et racisme dès lors que ça venait de racisé-es? 

Ca fait chier pareil, et c'est tout aussi innacceptable. Nonobstant il faut bien comprendre une chose: les racisé-es racistes n'ont aucun intérêt à l'être. Le système n'est pas fait pour elles/eux non plus, tout ce qu'elles/ils font, c'est donner des billes aux blanc-hes. (et les blanc-hes racistes les colleront dans le même panier de toute façon, en plus d'agiter leur racisme à eux, qui bien sûr est beaucoup plus odieux que le racisme "normal". Bien joué les génies.) 

Babtou fragile se démonte pas, faut que le monde sache qu'elle/il souffre aussi et vient t'agiter sous le nez toute la souffrance du peuple blanc à travers les âges. 

Petit rappel. 

Tout ça pour ne pas avoir à ACCEPTER le fait que le racisme existe, perdure , et que ce n'est en rien un hasard. Babtou fragile n'en a généralement rien à carrer de la vie des non-blanc-hes. Elle/il va hurler au génocide pour des poulets à l'abattoir et rester silencieux-se devant le Nigéria: ce n'est pas sa faute, les non-blanc-hes meurent toujours dans l'indifférence. Et quand elles/ils réclament de l'attention, on parle d'émeute:

Sur le plan historique, nous pouvons voir les évènements de Watts sous deux aspects. Watts a tout d'abord fait surgir la question du rôle social de la violence de masse dans la formation d'une politique. J'ai utilisé le terme de violence de masse plutôt que celui, préféré par les élites, d'émeute, car ce terme, qui a souvent une connotation péjorative, cherche à masquer les objectifs politiques de ceux qui y sont impliqués. C'est aussi un terme, qui, issu des médias blanches, évoque, quand il est utilisé par elles, des images d'un peuple noir se jetant dans la rue, pris d'une orgie fréniétique de destruction. Mais une vraie histoire de l'Amérique en viendrait à conclure que les émeutes furent le fait des Blancs, qui utilisèrent la violence de masse afin de terroriser les Noirs et de leur interdire l'accès et au travail et à la citoyenneté.

We want Freedom, Une vie dans le parti des Black Panthers de Mumia Abu Jamal,Editions le Temps des Cerises, 2007.Traduction de Claude Audmal. p.45

 

Et quand Babtou fragile s'intéresse aux non-blanc-hes, c'est pour se valoriser, dans une perspective néo-coloniale ou paternaliste. Pompon sur la Garonne: quand des non-blanc-hes se solidarisent avec d'autres non-blanc-hes, ça la/le met de travers. Les femmes du Collectif MWASI s'en sont pris plein la gueule (via les réseaux sociaux) après la publication du texte Le blantriarcat, son whitesaviorisme et les réfugié-e-s de la Chapelle : et il se trouvait encore des gens pour baver non pas sur le fait qu'elles aient été insultées sur place, mais sur leur action, pas assez bien, forcément. Elles sont entourées de suspicion. C'est FATIGUANT. 

Le blog refugeetrip

Parlons un peu de l'appropriation culturelle, c'est au programme: tout est très bien expliqué dans ces textes:

Cultural Appropriation: The Fashionable Face Of Racism

Iggy Azalea and à Culture of Appropriation

What's wrong with Culture Appropriation? These 9 Answers reveal it's harm. 

En raison de la longueur, je n'ai pas traduit ces textes (ou même des extraits, mais si vous en voulez, demandez.) 

Alors on lit bien et après on vient pas ramener sa poire pour faire des "bubububu je veux me faire des dreadlocks je fais de mal à personne" et du "oui mais vous quand vous vous lissez les cheveux vous faites de l'appropriation culturelle alors?" ET POURQUOI ON SE LISSE LES CHEVEUX A TON AVIS GENIE? Parce que nos cheveux naturels ne sont pas acceptés sur nous. Parce qu'on est encouragé-es dès le plus jeune âge à tendre le plus possible vers les critères blancs d'acceptabilité. 

 

 

 

 

 

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5 juillet 2015 7 05 /07 /juillet /2015 13:52

NB: si l'envie vous prenait subitement de chougner "paaaaaaas touuuuuu-tes les blaaaaaaanc-hes", de sortir le "raciiiiiiiiiiisme antiblaaaaaaaaaaaanc" et d'une manière générale de cocher en un temps record toutes les cases du Bingo , allez-y, il fait chaud et il faut hydrater les personnes âgées.

NB2: cette série d'articles ayant été rédigée il y a quelques temps (entre deux crises de conjonctivite) , n'y sont pas mentionnées:

_ Sandra Bland (google est ton ami)

_ Les Lou Doilloneries (mais franchement en lisant la suite vous ferez facilement le lien, merci Lou Doillon de démontrer exactement mon propos

_ les maillots de bain

_ Le lion Cecil qui a ému la babtouserie mondiale (pas comme Sandra Bland, donc: un rappel pour ceusse qui en doutaient encore que la mort d'un animal est plus importante que la mort de non-blanc-hes. Juste pour info: aux US: 117 personnes ont été tuées par la police en juillet 2015. 117. Et ne parlons pas des migrantEs à Calais, ou des meurtres un peu partout en Afrique en ce moment, ou du bébé palestinien.)

_ La SUPER JOURNEE INTERNATIONALE DES FEMMES AFRICAINES organisée par MWASI (trop de flamboyance, je m'en remets à peine-et encore j'ai juste assisté à la projo-débat- amour et fierté sur vous mes soeurs-et gros câlin à ma chérie Clémence qui m'a offert les badges Mwasi magnifiques. Lien du site Mwasi plus loin) 

J'ai maté le documentaire très attendu d'Isabelle Boni-Claverie, Trop noire pour être française?

J'en suis sortie avec des impressions mitigées:

Il y a de bonnes choses, c'est vrai (rappel que non, la classe n'efface pas la race, merci bien, entre autres), et le choix de la réalisatrice d'insérer son histoire familiale pour aller vers le plus général est intéressant. Surtout que c'est pas comme si les réalisatrices noires se bousculaient au portillon hein. 

Une interview d'Isabelle Boni-Claverie

MAIS (ben oui, tu me connais, y'a toujours un mais) 

Le docu est assez dépolitisé. Il ne parle pas clairement de suprématie blanche, du caractère structurel du racisme. Même si les interventions à la fin tendent vers une "prise de conscience" de la blanchité et de ce qu'elle implique, ça reste assez superficiel. Et l'affirmation d'une "société post-raciale..." je devais encore me tirer les crottes de nez quand on est rentré-es dans une société post-raciale parce que j'étais pas au courant. 

Sinon, plus ponctuellement, des trucs m'ont interpellée ("ah bon, y'a autre chose que les flics qui t'interpellent, toi, krrr krrr krrr"<== je préfère la faire, j'anticipe.) (copyright mon délicieux mari.) 

- Isabelle Boni-Claverie prend pour point de départ l'affaire Guerlain, qui a été le "déclencheur" de son militantisme. Elle montre donc des extraits des manifs et de débat (entre blancs) de l'émission Ce soir où Jamais. Et là, pif paf pouf, le point "Onpeupuriendire". Un monsieur trouve "bien plus grave" qu'on puisse plus "péter de travers" (sic) en france. Pareil, je devais encore me gratouiller les doigts de pied le jour où les perlouzes racistes nauséabondes ont été dûement sanctionnées comme telles, parce que leurs effluves me piquent encore les yeux. J'aimerais bien qu'on puisse louffer en dehors des clous nous aussi tiens; par exemple, rouspéter quand je me fais tirer des trucs dans ma boîte aux lettres que ça doit ENCORE être un blanc qui a fait le coup, ben on les connaît ces gens hein, c'est leur genre de s'incruster là où ils n'ont rien à foutre et d'y prendre ce qu'il s'y trouve-et en plus parfois ils poussent le vice jusqu'à te facturer ce qu'ils t'ont volé. Mais là tu vois, si je dis ça, je suis...tadaaaaa...RACISTE ANTIBLANC. Je fais d'odieuses généralités. La liberté d'expression oui mais pas pour tout le monde.

(je reviendrai plus tard sur le "racisme antiblanc" et le "reverse racism" pas de panique) 

- Des propos racistes "inconscients" tout au long, jamais recadrés par la réalisatrice. Quand elle laisse certains s'engluer dans le malaise, c'est rigolo, mais sinon on a l'impression qu'on les conforte dans leur certitude de bien faire, et surtout bien dire. 

- Point Breton: que ce soit le groupe d'étudiant-es de la FEMIS ou une dame interviewée lors d'une table ronde, le peuple breton affirme son altérité comme un parallèle rigoureux à la situation des raciséEs en france.

Faudra qu'un jour quelqu'un se dévoue pour étudier en profondeur cet atavisme celtique consistant à revendiquer une identité sans être taxé de communautarisme pour autant (contrairement aux, j'sais pas, au hasard, les non-blanc-hes) tout en se définissant comme une minorité opprimée.

Je devais encore compter mes cheveux le jour où les Breton-nes ont connu les mêmes problèmes que les NoirEs (puisqu'ici c'est de nous qu'il s'agit) Le peuple breton va sûrement débarquer en masse pour me relater 500 ans d'oppression-ce à quoi je pourrai répondre, ENFIN: oui mais c'était y'a longtemps ça, maintenant ça va bien, arrêtez de vous victimiser avec des vieux machins, on y était pas nous. Ben oui, c'est ce qu'on nous dit à nous quand on parle de l'esclavage, du colonialisme et du racisme...sauf que nous ça continue, eh oui. 

(avertissement: si l'on vient me faire chier avec la Bretagne je balance des extraits de Quatrevingt-Treize, j'suis une déglingo j'ai plus rien à perdre.) 

-Point Rama Yade: ai-je vraiment besoin d'en dire plus...(même s'il est glissé rapidement qu'elle a été lâchée par Sarkozy, dont on a été gratifiées au passage du fameux discours sur l'Homme Africain et sa propension à traîner la patte quand il s'agit de rentrer dans l'Histoire, sont-ils feignasses ces Africains d'africanie.) 

-Le métissage comme solution. Moui, et ARRETER D ETRE RACISTE, non, trop dur? Pareil, j'y reviendrai plus tard. 

Après visionnage, j'en ai conclus qu'on avait plus que jamais besoin du film prochain d'Amandine Gay, et que la série documentaire Noirs de France était définitivement ce qu'il y avait de plus exhaustif et pointu en la matière aujourd'hui. 

Ce docu peut être néanmoins une entrée en matière: il n'effraiera pas trop les blanc-hes, dont la fragilité est désormais connue. 

Et là sous tes yeux éblouis, le rapport avec le titre. 

J'ai choisi trois exemples "médiatiques" pour illustrer mon propos. 

L'affaire Dolezal

Sachant que la meuf, avant de se faire une blackface pour occuper un peu plus d'espace au détriment des Noir-es, avait chouiné au racisme antiblanc après un refus de poste dans une université afro-américaine. 

Le traitement médiatique de Rachel Dolezal tend à minimiser son acte. Pour un peu faudrait la plaindre. Et pendant ce temps, on parle d'elle et pas de VRAIES femmes noires qui agissent concrètement. Plutôt que de condamner le racisme effectif de Rachel Dolezal, on (et quand je dis "on"...) préfère lui trouver des excuses. Comme à bébé facho suprémaciste blanc, mon deuxième cas.

Charlie partout, Charleston nulle part. sur le blog Les Chroniques de Paige Palmer. 

C'est tellement fragile, un Blanc, que même quand il dit "je veux déclencher une guerre raciale, je suis raciste, je veux tuer des Noirs", on lui trouve des circonstances atténuantes. Rendez-vous compte, la fille qu'il convoitait s'est tirée avec un Noir! 

Ils vivent dans une société où le référentiel est blanc et où leur identité raciale ne sera jamais un frein à leur ascension dans la société mais se trouvent quand même des raisons de « passer à l’acte ». Ils souffrent, les pauvres.

Et puis 'tention hein, ces êtres si fragiles et délicats, faut les rassurer en permanence: désolidarisez-vous fissa de tout acte terroriste commis par des bougnoules des musulmans, sinon on flippe, c'est bien normal. En revanche, les Blancs ne ressentent jamais le besoin de se désolidariser des terroristes blancs. C'est pas comme si des églises noires étaient incendiées tous les 4 matins (prenons 5 minutes pour admirer la componction du titre: des incendies de lieux de cultes noirs, ça "sème le doute", qu'est-ce que cela peut bien signifier?) 

Vous remarquerez également que lorsqu'un crime/attentat/agression vise des non-blanc-hes, les Blancs appellent à la "rationalisation"...et bizarrement personne ne va leur hurler qu'ils font l'apologie du terrorisme/violences policières/autre. 

Parlons-en des violences policières tiens: les Blanc-hes reconnaissent sans problème qu'aux US c'est pas bien urbain, ces meurtres de noir-es. Mais dès qu'il s'agit de mettre le nez dans sa propre merde, y'a plus personne. Au mieux elles et ils vont monopoliser la parole et vouloir à tout prix "déracialiser le débat"* lors de rassemblements qu'elles et ils transforment immédiatement en foire artisanale avec djembé et provocations des keufs (on s'en fout les keufs s'en prendront surtout aux basané-es) (mais CANALISEZ VOUS BON SANG), au pire elles et ils vont sortir la carte racaille-de-banlieue. 

(*oui parce que Babtou fragile n'aime pas qu'on parle de "race" et de couleur. J'y viendrai z'aussi plus tard) 

Passons au troisième et dernier cas, beaucoup plus léger: 

Le clip BBHMM (Bitch Better Have My Money) de Rihanna. J'avais dit léger, je vous ai pas menti. 

Voici la traduction du texte This Is What's Rihanna's BBHMM says about Black Women, White Women, and Feminism, afin d'éclairer votre lanterne. (et surtout: ce qu'écrit Mia McKenzie se suffit tout à fait-j'y ai juste ajouté des liens thématiques.) 

Les féministes blanches TM sont particulièrement contrariées, beaucoup d'entre elles taxent la vidéo de "misogyne". Elle est qualifiée de "torture porn" et d'"incroyablement violente". J'ai regardé la vidéo et...ben...je vois pourquoi les féministes blanches TM sont si contrariées.

L'article de Salomée sur les féministes TM

La Fabrique d'Hirondelles: du féminisme gentil là-haut

Oui, il y a de la violence (pas autant que dans un film interdit aux moins de 17 ans (Rated-R) Presque toute la violence est implicite.) Oui, il y a des images d'une femme kidnappée, retenue en otage, et même pendue au plafond torse nu  la tête en bas. C'est le genre d'images que l'on voit beaucoup dans les "revenge films" violents. Elles peuvent être dérangeantes et nocives. Je n'ai pas aimé les voir ici. Mais elles ne constituent pas non plus l'histoire entière. 

Laissez-moi vous dire ce que je vois quand je regarde cette vidéo: je vois une femme noire mettre son propre bien-être au-dessus de celui d'une femme blanche. 

Soyons claires: les femmes blanches placent leurs besoins et leur bien-être au-dessus de ceux des femmes noires tous les jours et appellent ça "féminisme". 

De l'afro-féminisme sur le blog de Many Chroniques

Ici, Rihanna retourne le scénario: si une femme blanche a à souffrir un peu pour qu'elle, une femme noire, puisse survivre, ainsi soit-il. Après tout, les femmes blanches ont survécu sur nos souffrances pendant des centaines d'années. 

On attend toujours des femmes noires qu'elles placent leurs besoins en dernier sur la liste des priorités. Après celles de tout le monde. Une femme noire disant " mon bien-être (ce qu'implique l'argent- la capacité de payer un loyer, se nourrir, rester en vie, etc.) est plus important pour moi que celui de cette femme blanche aléatoire" (NdT: j'ai pas de meilleure trad, "quelconque", ou "inconnue" me semblaient pas appropriés) c'est ça qui fait vraiment péter un câble aux féministes blanches TM. 

Imaginez qu'au lieu de kidnapper la femme du comptable, (NdR:  C EST MADS MIKKELSEN LE COMPTABLE. Non, c'est tout.) Rihanna et sa bande avaient kidnappé son frère? Les féministes blanches TM seraient-elles si contrariées? J'en doute. Parce qu'elles comprennent que les fictions de revanche dans lesquelles des femmes attaquent des hommes retourne la violence des hommes à notre encontre contre eux. Mais voici ce que les féministes blanches TM ne saisissent pas (et ce qui les a fait chier): les femmes noires considèrent souvent les femmes blanches comme pareilles aux hommes blancs. Le mal qui nous est fait par des femmes blanches et des hommes blancs n'est pas énormément différent pour beaucoup d'entre nous. Les femmes blanches ont été violentes sans vergogne pendant des siècles envers les femmes noires. Elles ont utilisé le pouvoir de l'état, de la police, des tribunaux, des médias, ou d'hommes blancs individuels, pour blesser les gens noirs, femmes noires incluses, encore et encore. Elles sont aussi blessantes pour nous que le sont les hommes blancs. Aussi, pour beaucoup d'entre nous, kidnapper le frère blanc ou l'épouse blanche, c'est la même chose. 

Dans cette vidéo, Rihanna est indifférente au bien-être d'une personne blanche (qui est une femme) quand son propre bien-être est en jeu. En fait, elle est prête à lui faire du mal pour survivre. C'est la chose à propos de cette vidéo qui insupporte beaucoup, beaucoup, les féministes blanches. 

Je ne dis pas qu'il est normal pour les femmes noires de blesser les femmes blanches. Je dis que la plupart du temps, nous ne le faisons pas. Je dis que nous somme blessées par les femmes blanches, beaucoup beaucoup plus souvent et que cette vidéo d'une revanche fantasmée le comprend, même si ce n'est pas le cas des féministes blanches. 

(Note: si vous pensez que Rihanna affirme littéralement tout ce qu'il y a dans la vidéo, et rien métaphoriquement ou allégoriquement, demandez-vous pourquoi vous pensez que cette femme noire est incapable d'une vision créative et socio-politique. Pensiez-vous que chaque aspect des vidéos de Madonna était à prendre au pied de la lettre? Et quid de Lady Gaga?) 

On a appris aux femmes blanches que les femmes noires étaient supposées les traiter comme "nos soeurs", et même "nous-mêmes", en dépit du fait que les femmes blanches nous jettent sous le bus (NdT: une expression pour dire en gros "nous jettent quand c'est dans leur intérêt") et encore pire, au quotidien. La conception du féminisme des femmes blanches dévalue et dégrade toujours les femmes noires, mais les femmes noires sont supposées toujours les prioriser dans notre féminisme, et, franchement, nos vies. 

Sûre qu'un paquet de femmes blanches va m'accuser de "diviser" pour avoir juste pointé ceci. (Allez-y, vous prouvez seulement mon argument.) 

Ce que je vois dans cette vidéo est une femme noire dont la priorité pour la survie est elle-même. Pas une femme blanche. 

Je suis là pour ça. 

J'ajoute également que des féministes blanches plébiscitées pour leur prise de parole sont toujours dédouannées de leurs propos racistes. (Tina Fey, Amy Shummer, Lena Dunham...pour ne citer qu'elles.) Quand Patricia Arquette affirme sans trembler des genoux que maintenant les P.O.C (et les LGBTQI, histoire de pousser un peu plus loin le n'importe quoi.) doivent renvoyer l'ascenceur aux femmes, tout le monde applaudit...Ouais, en fait, on vous doit rien hein. C'est pas comme si les oppressions spécifiques que l'on subit avaient magiquement disparu (et aussi comme si, en tant que P.O.C, on était ce bloc homogène absolument pas concerné par les problématiques de genre et le sexisme...(et non, le sexisme et le misogynoir ne viennent pas exclusivement des hommes non-blancs.) 

Certaines féministes blanches ont une défiance immédiate envers les afroféministes et/ou les féministes non-blanches: du coup c'est jamais assez bien, pas assez ceci, pas assez cela...Par exemple, quand la revue Assiégé-e est sortie, voilà les féministes blanches qui pointent les pseudo lacunes concernant les queers...(LOOOOOL) Faudrait savoir: le croisement des oppressions, c'est bien ou c'est caca? 

(Non, ne répondez pas c'est une question rhétorique)

Elles vont même parfois jusqu'à accuser l'intersectionnalité (un outil de l'afroféminisme) d'éloigner les femmes non-blanches de leurs "soeurs blanches" et au final de faire le jeu du patriarcat...

 

Voir aussi leur défiance envers des femmes comme Rokhaya Diallo, j'en avais déjà parlé . Ou leur subite intransigeance sur des trucs faits par et pour des non-blanc-hes, quand elles font montre d'indulgence pour d'autres et ferment les yeux sur leurs aspects problématiques. 

Attention: ce que j'appelle féminisme "blanc", et féministes blanches, ce ne sont pas des personnes à la peau blanche et/ou identifiées comme blanches: ce sont toutes les personnes se considérant comme féministes adoptant une logique de négation ou de dénigrement de l'intersectionnalité. Une femme non-blanche féministe peut très bien se comporter en féministe blanche TM, rejeter l'idée de privilèges par exemple (voir , je vais pas vous refaire tout le topo) bref chercher à conforter les blanc-hes, parce que l'approbation blanc-he leur semble plus profitable et surtout plus valable que la solidarité avec d'autres meufs non-blanches. Je dis pas non plus que toute meuf non blanche DOIT être une féministe intersectionnelle, souscrire à l'afro-féminisme etc. Chacun-e voit midi à sa porte. Mon propos, c'est: 

Si ça vous emmerde qu'on aborde nos problématiques spécifiques dans les espaces féministes, on va le faire ailleurs, pas de problèmes. Maintenant faut pas nous emmerder AUSSI quand on fait nos trucs et chougner de pas être invité-es et/ou chier sur les initiatives.

 

Et surtout: arrêtez les idioties du style "women are the nigger of the world" ou "tel truc is the new black"...sérieusement. En fait les féministes blanches TM sont toutafé disposées à nous accueillir nous fâmes des quartiers/de Noirie-Bougnoulie-Asiatiquerie-Immigrées-sans-papier ou autre, tant qu'on leur sert de caution, qu'on est de complaisants tabourets leur permettant de porter leurs revendications (que l'on partage aussi eh oui) et qu'on la met bien en veilleuse. Dès lors qu'on l'ouvre, qu'on n'accepte plus leur paternalisme (un comble pour le féminisme soit dit en passant) on est vilaines, on créée la division, on-fait-le-jeu-du-FN-et-du-patriarcat et on nuit à la cause. Elles ne supportent pas qu'on crée ailleurs, entre nous, un espace qui nous convient mieux. Et ça, c'est une hantise partagée, le grand méchant communautarisme. 

 

 

 

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28 juin 2015 7 28 /06 /juin /2015 14:11

Mon chaton,

T'auras réussi un exploit: celui de réussir à me faire fermer ma grande gueule. Quand je me suis retrouvée devant cette feuille, tournant le dos à ton cercueil, j'ai mis trois plombes à gribouiller quelque chose sans queue ni tête. D'habitude, quand je suis frappée du syndrome de la page blanche, c'est parce que simultanément, je ricane niaisement à tes facéties en "mp". Ton acolyte d'ailleurs (l'autre membre de ce duo nommé "Pipo et Bozo" entre nous) a judicieusement remarqué que désormais il y avait un autre clown aux côtés d'Achille Zavatta sur les plaques au père Lachaise. (et en plus toi tu ne réveillais pas ma coulrophobie, ce qui est à porter à ton crédit)

C'est logique quand on y pense. La dernière fois que je t'ai vu, y'a quoi? une vingtaine de jours...la dernière fois que je t'ai vu donc, on a beaucoup rigolé, comme d'habitude. J'avais hâte de te retrouver le 30, pour qu'on rigole comme des hyènes au récit de nos mésaventures en ton absence. Qu'on se foute bien de ceux qui voulaient te foutre en l'air. Tu les as bien trollés ceux-là, tu as fait ça toi-même, tout seul, comme un grand. 

Tu sais chaton (enfin non, tu sais pas) jusqu'à ce que je pose les doigts sur cette boîte, je refusais d'y croire. J'avais ton rire dans la tête. Je me disais que j'allais zoner à Ménil, que je t'entendrais m'apostropher par un délicat "Ficus qui pue" (sic) qu'on allait se tripoter nos tatouages respectifs (oui c'était notre truc-maintenant je conçois que pour les autres ça devait avoir l'air bizarre.) et boire de la bière au nom à rallonge. Qu'on allait blaguer sur les flics, le racisme, le patriarcat, l'homophobie, la transphobie,  bref tout ce qui nous pourrit la vie, le calorifère de notre rage. 

C'est la rage qui nous a rapproché. Dès qu'un truc me foutait hors de moi (et tu sais que ça arrive souvent) , j'allais me servir une louche de Sick Ender: et toi, sans savoir au début qui j'étais, tu postais des fragments de ces élucubrations bloguesques (ce mot n'existe pas) -me faisant au passage GROSSE PROPAGANDA, ce dont je te remercie. Quand on s'est rencontrés c'était la fête: on se ressemblait un peu tu sais, on fait partie de ces gens que tout le monde prend pour des bourrins à cause de leur propension à rouspéter, de celles et ceux qui remplissent leurs écorchures avec de l'encre pour que personne ne voit qu'en-dessous, c'est tout cramé. Celles et ceux qui parfois soulèvent un coin du tapis sous lequel on enfouit nos problèmes et le rabattent bien vite d'un éclat de rire. 

Merde chaton, ce sont pas les occasions qui manquent en ce moment de revenir gueuler sur mon blog, cet espace dérisoire auquel indirectement tu as contribué, puisque tu fais partie des gens qui m'ont permis d'évoluer. Et pourtant je gardais le silence. J'emmagazinais tes remarques, tes cris de rage, tes plaisanteries, pour plus tard, pour "quand j'écrirai à nouveau". T'es content de toi, je fais mon come-back non pas pour gueuler sur l'islamophobie, le racisme, l'homophobie, le sexisme, la transphobie, les violences policières, le traitement honteux des migrantEs, la persécution des putes à Belleville et toutes ces choses merdiques qui rendent l'atmosphère irrespirable ici et ailleurs, mais...pour chouiner. 

Nonobstant tu rendais tout ça un peu plus respirable. Sauf que toi, t'étais à la limite de l'asphyxie. A la cérémonie, quelqu'un a dit que tu étais un funambule. C'est très juste: je pensais pas que tu tomberais. Je te croyais quand tu disais que ça allait. Quand tu m'as fait suffisamment confiance pour me raconter les trucs moches qui t'étaient tombés sur le coin de la gueule en presque 40 ans, je croyais que tout ça était derrière toi. Que t'emmitoufler dans tes amitiés c'était suffisant. 

Tu étais aimé, chaton. Quelqu'un d'autre a dit que tu étais un élan (pas l'animal). Un élan vers les autres. Et compte tenu du monde qui se bousculait à tes obsèques, il est facile de le constater. (même si la décence la plus élémentaire aurait dû visser le cul de certain-es chez eux. Mais on s'en fout de cette minorité d'individus.) 

Ca me fait chier (poétique euphémisme) d'avoir revu un vieux pote (et découvert que c'était le parrain de ton fils, décidément la haute société du XXe arrondissement c'est très endogamique), d'avoir rencontré tes parents (qui sont adorables, soit-dit en passant) à CETTE occasion. 

On s'est serrés les coudes autour de toi. On a pris notre lot d'éclaboussures quand des personnes malveillantes ont soigneusement attendu que tu sois loin et tout seul pour déverser un flot de merde sur ton compte. Certaines plus que d'autres, et aujourd'hui, il ne leur reste que des larmes pour nettoyer. On l'a fait parce qu'on n'a jamais douté de toi. Parce qu'on aimait t'avoir dans nos vies, à quelque niveau que ce soit. Prévert a dit "il y a des gens qui s'entretuent, d'autres qui s'entrevivent". Avec toi on pouvait s'entrevivre, par petites touches, parfois une photo de ton gamin surgissant au détour d'une conversation (on s'est bien marré d'ailleurs en se remémorant ta papa-poulerie-ce mot n'existe pas non plus mais ça te convient bien.) d'autres fois des accès de colère immédiatement suivis d'excuses. Parce que t'étais comme ça, impulsif, excessif, capricieux même, mais pas méchant pour deux ronds. Et encore, perso j'ai jamais eu à me plaindre de toi. On a même pas eu le luxe de s'embrouiller. C'est pour ça que t'étais un peu mon chouchou (d'où l'appellation de chaton, si je t'appellais directement "chouchou" ça grillait ma couverture) et tu le savais. 

Je ne sais toujours pas comment quelqu'un que j'ai rencontré il y a si peu de temps (on se connaissait depuis 2013 environ, ce qui correspond à une éternité en temps internet et à une misère en temps réel) a pris cette place dans ma vie. Comment je pouvais si facilement discuter longuement avec quelqu'un au point que quand on se voyait "en vrai", c'était comme si on avait gardé les vaches ensemble. J'ai eu de sales pensées chaton. Je me disais "après tout on se connaissait pas, on parlait beaucoup oui certes mais...on passait du temps ensemble quand on se croisait en vrai oui certes mais...je devrais pas être triste et en colère, je devrais m'en foutre." La vérité, c'est que j'étais tellement contente de m'entrevivre avec quelqu'un de bien et de sincère que je t'ai attrapé comme une mauvaise habitude.  

J'étais tellement en colère que je n'ai même pas pris le temps de pleurer. Je préférais rager des heures dans mon lit jusqu'à tomber d'épuisement que de laisser ton rire résonner dans tête, ça aurait été trop insupportable. Autant que ce réflexe pourri de se dire "ah tiens, je montrerai ça à Sick quand il reviendra, ça devrait lui plaire" en lisant un article, ou de penser à ta joie quand tu verrais le bouquin dédicacé qu'une amie t'a ramené. J'avais envie de crier en voyant l'enthousiasme des gens revenant du Hellfest, de les secouer (alors qu'ils n'ont strictement rien à voir avec la choucroute) et de leur dire que toi qui bossais là-bas t'en es pas revenu, d'arrêter de me gonfler avec leurs photos et leurs sourires. En fait j'en voulais à quiconque souriait pendant que je serrais les dents. 

Le matin de tes obsèques, quand le jour s'est levé, quand les gens faisaient encore la fête autour de moi, j'ai discrètement (non) lâché la fontaine à morve dans le t-shirt d'une personne bienveillante. Qui ne te connaissait pas, qui me connait à peine. Et qui pourtant m'a dit exactement ce que j'avais besoin d'entendre. J'ai momentanément laissé de côté la colère, le dégoût, le désespoir. La vérité gagne toujours à la fin à ce qu'il paraît, mais à quel prix bordel...

La dernière fois qu'on s'est vus chaton, tu m'as généreusement offert du papier-bulle. (tu savais vraiment t'y prendre avec les meufs.) J'avais pas réalisé que tu en avais plus besoin que moi. Les Iskander, quand on a la chance d'en trouver un (ou de se faire trouver) il faut les chouchouter, les protéger, les envelopper de papier-bulle et bien serrer avec du Chatterton, qu'ils puissent se relever après s'être cassé la gueule, parce que ça pousse pas sur les arbres, des zozos dans ton genre. 

Tu étais fatigué de te ramasser. Tu t'es assuré que cette fois, tu ne te relèverais plus. Alors, je vais prendre ton sourire, tes p'tits dessins, nos souvenirs, nos fous-rires, tout bien emballer dans ce morceau de papier-bulle, et les garder. Je les ressortirai de temps en temps, et je mesurerai la chance que j'ai eu de m'entrevivre un peu avec toi. 

 

Et j'irai boire une bière au nom à rallonge à ta mémoire, mon chaton. 

 

Source. 

 

 

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Published by Ficus
26 décembre 2014 5 26 /12 /décembre /2014 16:46

Bien le bonjour. Ca va comme vous voulez? 

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Quelques petites informations pour vous: 

Il semblerait que de mon côté, j'ai réussi à me débarasser de la pub. (OUF) C'est déjà ça.

Néanmoins-et tu l'auras pigé de toi-même, rapport au titre, j'ai besoin d'une pause. 

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J'suis pas totalement au bout du rouleau mais presque.

Il vous faut savoir que cette année, je devrais logiquement sortir de cet enfer que l'on nomme "doctorat": je dois donc terminer ma thèse et mine de rien, ça prend du temps. (si peu, si peu...qui me rendra ces 5 ans de ma vie, QUI???) Ensuite, j'avoue être un peu désabusée et même si je suis relativement épargnée par les sacs-à-merde, trolls assumés, (c'est à dire le degré 0 de l'argumentation vu que des arguments, ben, ils en ont pas, ils veulent juste m'insulter bien planqués. Des champions vous dis-je, des champions!) ou non (ceux-là vous gratifient en sus de ouin-ouin particulièrement pénibles) j'en ai un peu ma claque. Et réagir en maintenant une cohérence, afin d'éviter la stricte réaction épidermique, c'est tout aussi fatiguant et même parfois un peu vain dans la mesure où les gens-ce-fléau ne VEULENT PAS comprendre. A force de voir passer les mêmes merdes sur le seul résal social où je procrastine devant les vidéos de chatons que poste Monsieur Ficus, j'en ai juste ma claque, et je l'avais déjà exprimé ici et

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Arrivée à un certain point, j'envisage de verser dans la pédagogie. Et je crois fermement au pouvoir pédagogique de la tarte dans la gueule. Tu comprendras dès lors combien est grande ma lassitude. 

Mais bon, ne vous inquiétez pas, il m'est aussi arrivé des trucs bien ces derniers temps. D'abord, j'ai été publiée dans une revue littéraire sérieuse de grandes personnes

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(même si ma conclusion a été squizzée je n'en suis pas peu fière.)

Mais il est m'est arrivé quelque chose d'encore plus [insérer ici adjectif hyperbolique de votre choix]

N'effet J'AI RENCONTRE DIEU.

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Gloria Hosanna Loué Soit Son Nom.

Dieu dans son Infinie bonté a foulé le sol de ma fac pour nous gratifier de sa Sainte Parole.

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Admire-donc les photos dégueulasses prises avec mon archaïque téléphone de vieille. Et recueille-toi.

A l'occasion de la cérémonie de l'Honoris Causa, la fac a diffusé le matin le documentaire Free Angela and All Political Prisoners, et Dieu nous a béniEs une première fois après le film. Ensuite Dieu nous a éclabousséEs de sa Grâce l'après-midi lors de la cérémonie. (1)

Et ce n'est pas tout: j'ai touché Dieu (depuis je ne lave plus ma main gauche et je l'ai empaqueté dans un petit sac de congélation), je lui ai parlé (j'ai bafouillé en gros) et Dieu dans son Immense Mansuétude A DEDICACE MON EXEMPLAIRE DE FEMMES, RACES ET CLASSES

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SAINTE RELIQUE. 

Pendant que tu te confis de jalousie (si, je te vois. Tu te confis.) un peu de bonne lecture:

ANGELA DAVIS: d'Assata Shakur à Michael Brown, le racisme d'état américain persiste. A lire sur Quartiers Libres.

Une Interview de Dieu par The Guardian. (en anglais)

Touche pas à notre Angela par Joao Gabriell

Je peux mourir tranquille.

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Ne vous inquiétez pas, je ne vais pas vous laisser comme ça: avant de retourner bouffer des kilos de chocolat  étudier très sérieusement Les Grèves Imaginaires d'Emilien Carassus (2) j'ai quelques petits trucs pour vous:

L'Inventaire de la ficusphère: DESTOCKAGE MASSIF-1 et DESTOCKAGE MASSIF-2

UN DERNIER GRAMOPHONE POUR LA ROUTE

ET UNE SEANCE DE CINEMA

Tout servi sur un plateau d'argent  la même page, tout ce que vous avez à faire, c'est clic. 

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Avouez que je vous gâte, non?

 

Et puis en vrac, des liens que je savais pas trop où mettre, alors voici: 

Il y a un gros problème avec les gens qui veulent "sauver l'Afrique"

"Do They Know It's Christmas?": la chanson "caritative" contre Ebola est méprisante pour l'Afrique.

Quand Einstein s'inquiétait de l'enracinement du racisme aux Etats-Unis

Claudia Jones: radicale, noire...et méconnues A lire sur Cases Rebelles

Un article du Guardian sur le Mouvement Black Power britannique

Une image-qui-bouge très sympathique. 

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 Sur notre faim à lire sur le blog du Collectif Hyènes en Jupon

 

Je suis pas très douée pour les au-revoir, alors je vous souhaite une bonne lecture, tout ce que vous voulez, des bisous (de loin, faut pas déconner) et je vous quitte sur cette merveilleuse invention.

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Ce sont des pilules pour faire caca doré.

Ca n'a rien à voir avec la choucroute mais je trouve que ça conclut bien. 

 

Bisous.

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(1) A cette occasion j'ai découvert Elizabeth Jelin et ses travaux, qui sont très intéressants. 

(2) En cherchant à le lire gratos j'ai découvert qu'il existait une Anthologie des Ecrivains de La Société Littéraire des PTT. On en apprend tous les jours. 

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23 décembre 2014 2 23 /12 /décembre /2014 15:27

J'ai prévu de vous gâter (ou tout du moins essayer) vu que c'est très probablement la dernière séance...

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Allons, allons.

Autant mettre les choses au point direct: la/le premièrE qui chante la chanson éponyme d'Eddy Mitchell sera fouettéE comme il se doit. Maintenant que vous l'avez bien dans la tête, nous pouvons commencer.

Après une -brève-évocation du White Savior, des problématiques de représentation et autres ronchonneries d'angry black woman, j'aimerais attirer votre attention sur le White-Washing, ou, pour ceusse qui veulent à tout prix parler la langue de Molière, la Blanchisserie. 

Quoi-t-est-ce?

Il s'agit, en gros, du processus qui transforme comme par magie des personnages initialement pas blancs en blancs, ou de leur conserver leur appartenance ethnique sur le papier, mais de les faire jouer par des Blanc-hes. 

Petit exemple: Tiger Lily, la seule Native-américaine (1) du Peter Pan de Walt Disney (1953) à ne pas subir un traitement effroyablement raciste. (en dépit du White-Saviorism avec Peter.) 

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(Je l'adore. En plus elle envoie chier le Capitaine Crochet)

Nb: Avant elle, il y a eu Little Hiyawatha (1937), Le Petit Indien en VF (sic), mais très éloigné de la légende originelle.

Logiquement, dans l'adaptation de P.J Hogan (2003), Tiger Lily est interprétée par Carsen Gray, une jeune Canadienne Native-Américaine, s'exprimant en langue Iroquoise dans le film. 

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Carsen Gray

Figurez-vous bonnes gens (2) qu'un énième Peter Pan va voir le jour. Et qui va donc jouer Tiger Lily?

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Ouais. Rooney Mara. Mais quelle est donc cette délicieuse odeur de Soupline?

C'est la blanchisserie à son top-niveau.

Une Américaine blanche. NORMAL. Déjà que les NatifVEs-AméricaiNEs sont quasi toujours représentéEs via un regard blanc, qu'elles et ils sont exotiséEs, fétichiséEs,  on va encore leur cracher un peu à la gueule. 

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En 1973, Marlon Brandon a boycotté les Oscars (où il était récompensé pour son rôle dans Le Parrain) et a envoyé à sa place Sacheen Littlefeather, une activiste pour les droits civiques des NatifVEs-AméricainEs, qui a évoqué le manque de représentation au cinéma et le traitement des NatifVES-Américaines.

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Sacheen Littlefeather

Et en 2014, on est en encore là. Comme si les actrices native-américaines n'existaient pas...

Un site en anglais 

Plus d'infos en français sur les actrices et acteurs sur ce blog et ce site: Amérindien et Les Peuples Amérindiens

Des Natives-Américaines (je suis pas spécialement ravie par le "concours de beauté" mais ça permet de connaître plus de Natives Américaines.) 

Plus de NatifVES-AméricainEs (toute activité confondues) ici (et si vous tapez Native American dans le moteur de recherches de Buzzfeed vous trouverez des infos intéressantes.) 

Quand j'ai commencé mes recherches, je tombais sur plein d'actrices connues blanches, avec des trucs aberrants du style "1/quart Cheerokee" (à croire qu'à Hollywood, tout le monde est un quart Cheerokee) ou "descendante d'Indiens" (ouais, lesquels? Mohawks, Iroquois, Sioux, Comanches, Abenaquis, Potawatomis, Navajos...?) Remarquez que pour Pan, le réalisateur s'est même pas emmerdé-contrairement à Johnny Depp dans Lone Ranger qui faisait valoir son tiers/quart/8eme de sang indien(3)- à justifier quoique ce soit en agitant comme caution une vague ascendance de son actrice...

Bien sûr il se trouvera des gens pour s'indigner que l'on puisse voir du racisme partout, que c'est qu'une fiction, et gna gna gna...Raison de plus: déjà que les Indiens prennent place au Pays Imaginaire (genre, y'a des sirènes, des fées, des pirates du XVIIe siècle...et des Indiens, normal, ces créatures imaginaires et fantaisistes), qu'elles et ils sont réduites à des personnages fantastiques et leur culture avec, s'agirait de faire preuve d'un peu de respect non? Même une série ultra-bourrine comme Banshee arrive à traiter les NatifVES-AméricaiNES avec relativement de finesse...(4) Et sans homme blanc qui devient le meilleur des Indiens locaux (coucou Danse avec Les Loups, coucou Légende d'Automne...)

C'est du même ordre qu'un film comme Le Dernier Samouraï, avec...Tom Cruise. Donc, les samouraïs sont sur le point de disparaître, mais heureusement un sauveur blanc débarque et devient samouraï et hop en fait c'est lui le dernier parce qu'il a hyper bien révisé son Manuel Pour Devenir Samouraï en 10 Jours...Mais quel foutage de gueule...(5)

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tuyaux bons films de samouraïs: 

Un classique: Les 7 Samouraïs de Kurosawa Akira


 + Tous les films sur Musachi Myamoto.(6) Y'en a un paquet, ça devrait vous occuper suffisement pour que vous finissiez par sacrifier un enfant à la grande Déesse Procrastination. 

Revenons à la Blanchisserie. La bonne grosse lessive de cette fin d'année, on la doit à Ridley Scott.

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Qui nous pond sa version du Prince d'Egypte. 

http://www.lyricis.fr/wp-content/uploads/2014/07/Exodus-Gods-and-Kings-Affiche-USA-Christian-Bale-Joel-Edgerton.jpg

Y'a rien qui vous choque? 

Nan?

Jetez donc un oeil au casting:

http://www.flicksandbits.com/wp-content/uploads/2014/08/exodus-whitewashing.jpg

Vous noterez qu'ils ne se sont même pas emmerdés à donner un vrai nom aux personnages joués par des acteurs noirs. Il y a aussi l'actrice franco-iranienne Golshifteh Farahani (Nefertari) mais apparament son rôle est minuscule.

Résumons: l'histoire est censée se dérouler en Egypte. L'Exode (dans la Bible) pour aller vite, c'est la fuite des Hébreux guidés par Moïse. Ce qui est plutôt bien montré (au sens où y'avait pas trop la traditionnelle diabolisation diabolique des Egyptiens diaboliquement barbares) dans le dessin animé cité plus haut, Le Prince d'Egypte.

Les studios Dreamworks ont annoncé avoir consulté près de 600 experts en religion afin d’obtenir un scénario fidèle au texte et respectueux de son essence. Des anthropologues, des historiens et des archéologues ont aussi été mis à contribution, dans le but, entre autres, de donner aux personnages des caractéristiques physiques « scientifiquement valides ».

Source: Wikipedia

Tu te doutes que ce sont les "caractéristiques physiques "scientifiquement valides"" qui nous intéressent aujourd'hui. Parce que bon. Pour rappel, l'Egypte est un pays d'Afrique (et non, l'Afrique, ce n'est pas ce pays subdivisé en deux régions, la Bougnoulie au-dessus et la Noiraudie en-dessous) dont seule la péninsule du Sinaï se situe en Asie (nord-est du territoire égyptien. Toi aussi grâce au racisme révise ta géo.) Mais remballez donc vos allégations de white washing, mauvaises langues que vous êtes! Ridley Scott nous explique tout

Questionné à son tour sur cette polémique en août dernier, Ridley Scott avait tenté d'éteindre l'incendie. "L'Egypte était à cette époque, comme aujourd'hui d'ailleurs, un point de rencontre entre plusieurs cultures car c'était un carrefour géographique entre l'Afrique, le Moyen-Orient et l'Europe. Nous avons embauché de grands acteurs d'origines éthniques différentes (irannienne, arabe, espagnole) afin de refléter la diversité de cette culture egyptienne" avait fait valoir le réalisateur de "Gladiator" à la branche australienne de Yahoo Entertainment. Avant d'ajouter : "Il y a de nombreuses théories différentes sur l'origine ethnique du peuple égyptien et on a eu des discussions sur la manière de montrer au mieux cette culture" avait-il affirmé.

http://gifsec.com/wp-content/uploads/GIF/2014/03/Black-Woman-really-GIF.gif

"Nous avons embauché de grands acteurs d'origines ethniques différentes". Certes, pour jouer des esclaves, des assassins et des seconds couteaux. Et pour montrer "au mieux" la "diversité de cette culture égyptienne", le mec a rien trouvé de mieux que de coller des Blanc-hes au premier plan? C'est d'une redoutable originalité, on avait pas vu ça depuis Charlton Heston dans Les 10 Commandements...

Mais attends, y'a du dessert. (sac à vomi disponible) 

Le kiki te sort, en toute détente, qu'il ne peut pas "engager un Mohammed"

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C'est sûr que quand tu t'appelles Ridley Scott, que tu dois mendier trois ronds pour faire ton film indépendant avec trois bouts de ficelle, tu ne peux décemment pas aller taper du poing sur les bureaux des studios et leur imposer un "Mohammed Untel de tel ou tel endroit" (sic) En revanche, engager une actrice suédoise pas très connue (à l'époque de la sortie) pour tenir le rôle principal de Prometheus, ça, ça passe. 

Quelques petites suggestions d'actrices et d'acteurs pour Ridley Scott: Nabila Obeid, Dina Talaat (quoiqu'un peu jeune pour jouer le rôle que tient Sigourney Weaver), Youssra...un Mohammed, Mohammed Imam, Ahmed Ezz, Sayed Badreya le terroriste-de-service à Hollywood, Khaled El Nabawy qui a tourné dans plusieurs films occidentaux, Karim Abdelaziz, Sami Samir, un acteur israëlien dont la famille est originaire d'Egypte et qui a lui aussi joué dans des productions occidentales (dont Munich de Spielberg et un rôle de taxi dans Mensonges d'Etat de...Ridley Scott.) Et puisque Scott s'attache à montrer la "diversité" et à embaucher de "grands acteurs d'origines ethniques différentes": des acteurs comme Tahar Rahim, Reda Kateb, Roshdy Zem, Sami Bouajila ou Saïd Taghmaoui (qui plus est nationalisé américain) ont des carrières internationales. Tout comme des acteurs d'Asie du sud tels que Sendhil Ramamurthy, Naveen Andrews, Raza Jaffrey. Ou sont très connus dans leurs pays (Arjun Jampal...) (je vous laisse chercher tout ce beau monde sur Google Image.) En plus d'être très sexys  de permettre une visibilité aux acteurs non-blancs et mieux "vendre" le film à l'internationale, ces actrices et acteurs seraient beaucoup plus crédibles qu'une Américaine, un Gallois et un Australien blancs. 

Mais bon, c'était déjà la même histoire avec Prince of Persia: The Sand of Time.  Sachant que la Perse, appelée Iran à partir de 1934, c'est en Asie de l'Ouest...Cas Anvar aurait été beaucoup mieux, mais non, c'est un film fantastique, on peut tout se permettre et coller des Blanc-hes dans tous les rôles principaux. (ce sont les mêmes qui vont chougner au manque de réalisme quand des non-blancs obtiennent des rôles dans des films fantastiques.) (7)

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 Trouvé sur un tumblr:

White people: who cares if the cast of Exodus are white! It's called acting for a reason! They're just portraying a character how's that whitewashing?

White people: Annie's black! But Annie's a redhead! You can't just cast whoever you want! They have to look like the character! That's racist!

Trad: 

Blancs: qui se soucie que le casting d'Exodus soit blanc! C'est appelé "acting" pour une raison! Ils interprètent juste un personnage, comment cela peut-il être de la blanchisserie? 

Blancs: Annie est noire! Mais Annie est une rouquine! Tu ne peux pas juste caster qui tu veux! Ils doivent ressembler au personnage! C'est raciste!

NdR: Annie, c'est une comédie musicale réadaptée en 2014 avec Quvenzhané Wallis dans le rôle-titre. 

Même merde  son de cloche pour John Boyega, le stormtrooper de la bande-annonce du prochain StarWars

Chris Rock ou la difficulté d'être noir à Hollywood

(+ un très bon article: Bill Cosby, Woody Allen, and the problem of racism in rape culture)

C'est pas beaucoup mieux en france:

  Ecrans blancs pour acteurs noirs par Pierre Delorme.

Le nerf de la guerre ou la guerre des nerfs: la politique de financement du CNC

Un projet rigolo: [re-]Mixing Hollywood

Et maintenant, un peu de cinéma:

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Selma-Ava DuVernay (2015)


 

Ava DuVernay est la première femme afro-américaine nommée pour le Golden Globes de meilleure réalisatrice. 

Belle-Amma Asante (2013)

 


 

Dear White People-Justin Simien (2014)


 malheureusement, pas de sortie en france prévue...

Claudine-John Berry (1974)


 le film est disponible intégralement...*sifflote*

Carmen Jones-Otto Preminger (1954)


 

Des documentaires: 

Billie Holiday History-David F. Turnbull


 

(avec du beau monde dedans) 

A voir aussi: Black Music: des chaînes de fer aux chaînes d'or

Dorothy Dandrige, Singing at Her Best, An American Beauty-Ruth Adkins Robinson

 

Concerning violence-Göran Hugo Olsson


 

Et pour finir, une fois n'est pas coutume, de la propagande de la réclame pour une pièce de théâtre: Mary Prince. Infos ici (mais malheureusement il ne reste plus beaucoup de dates en france...) 

 

Bisous qui piquent et bon visionnage. 

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(1) J'utilise le terme "Native-Américaine" pour parler des IndienNES d'Amérique du Nord car je le trouve plus précis qu'AmérindienNE (utilisé en français) En effet, on parle également d'Amérindiens pour les peuples d'Amérique du Sud descendants d'Incas (Pérou, Bolivie, Chili, Argentine, Equateur...)et pour désigner les Indiens d'Amazonie. Par exemple, on utilise le terme "amérindienNE" pour désigner les persos de dessins animés Kuzco et Pocahontas, mais l'un vit au Pérou (Amérique du Sud), l'autre en Virginie (Amérique du Nord) Ce ne sont pas les mêmes peuples. 

(2) Oui, je vous appelle "bonnes gens" maintenant. 

(3) Il a tout de même été honoré par un chef Comanche. Mouais. 

(4) Même s'il ne faut pas s'exciter non plus: le frère et la soeur Longshadow (deux super personnages) sont interprétés par des acteurs non-natifs-américains. Mais bon, au moins ils sont pas blancHEs et plutôt crédibles, c'est déjà ça. 

(5) Déjà, ce film (passablement mauvais) est trèèèèèèèès librement adapté de la rébellion de Satsuma, et-chauvinisme oblige-on accorde une grande importance à Jules Brunet (wikipedia est ton amie) présenté comme un instructeur occidental. Cette histoire a souvent été instrumentalisée à des fins colonialistes, evidemment. 

(6) Pour ceusse que ça intéresse, je peux prêter le manga Vagabond et le tome II du roman de Yoshikawa Eiji, La Parfaite Lumière. (en france le roman Musashi est sorti en deux tomes, mais mon beau-papa n'avait que le deuxième :( 

(7) Et puisqu'on parle de Perse:Xerxes dans 300 (je ne dirai pas tout le mal que je pense de ce facho de Franck Miller non non non), est joué par Rodrigo Santoro, un acteur brésilien. Rooo, le Brésil, l'Iran, c'est touche-touche. 'T'façons ces gens là, y se ressemblent tous hein pas vrai madame Michu?

 

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23 décembre 2014 2 23 /12 /décembre /2014 14:10

Coucou. 

 

http://www.reactiongifs.com/r/2013/02/snap.gif

Sassy gif is sassy.

J'aurais pu partager avec vous ma play-list spéciale fêtes, (l'album We Three Kings de Reverend Horton Heat avec la belle histoire du papa noël bourré sur le toit, ou Christmas with the Vandals-avec un classique repris par No Doubt, ou encore le glamour ultime de Brian Setzer tout en léopard) mais d'une part, c'est chose faite, d'autre part j'avais envie de rester un peu dans le thème de ces dernières ficusseries. On ouvre grand ses cages à miel. 

Syl Johnson-Is It Because I'm Black?

version de Ken Boothe (comme ça, cadeau, pour les amateurICEs de rocksteady.)

Baby Huey-Hard Times

Nina Simone-Revolution



Bob Marley- Burnin' and Lootin'

(Générique de La Haine.)


 

Instant classique: Strange Fruit de Billie Holiday. Histoire de la chanson ici.


 

Bonus: Nina Simone qui parle, qui chante Revolution + Strange Fruit (6''00) 

Peter Tosh-Equal Rights

Johnny Osbourne-Truth and Rights

 

Instant larmes (qui viennent après le rire) 

http://www.lemellotron.com/wp-content/uploads/wendy_rene.jpg

Wendy Rene est décédée ce 16 décembre. Snif. Eh non y'a pas que ce morceau samplé par le Wu Tang Clan. (Tearz)

What Will Tomorrow Bring

I Wish I was That Girl

Et plein d'autres. 

http://www.funk-o-logy.com/pic/image.php?di=26SW

J'en profite pour vous gratifier à nouveau de la très belle vidéo de Belhaven Meridian de Shabazz Palaces-un hommage à Killer of Ship, le docu-fiction de Charles Burnett (1977) tourné à Watts, Los Angeles. 


 The Coup- The Magic Clap
Pour rappel, ce sont les mêmes gugus (Boot Riley & co) qui expliquaient comment tuer un PDG

http://i.imgur.com/ymD27vR.gif

 

Et pour finir, juste parce que j'aime bien, dans une bonne ambiance "licornes cosmiques et chatons morts": 

Willis Earl Beal- Cosmic Queries.

 

 

Bisous qui piquent. 

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20 décembre 2014 6 20 /12 /décembre /2014 01:50

Permets-moi d'introduire cette seconde partie par le biais du gazouillis d'un navrant islamo-gauchiste que je ne citerai point afin de ne pas accorder la moindre visibilité à Sébastien Fontenelle, qui n'hésite pas, avec une confondante méchanceté, à insinuer comme ça l'air de rien que même au plus haut de not'bô pays, il y aurait-paranoïa bobo-bien-pensante-stalinoïde quand tu nous tiens, c'est-y pas malheureux-il y aurait, disais-je, du racisme

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Mais quelle idée! Ouiii, booon, ok, y'a les excités du Front et de l'UMP et tout, mais c'est sans commune mesure avec les violences policières et les meurtres racistes outre Atlantique. 

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ICI: 

Racisme ordinaire. (petite mise en bouche) (du vomi)

Le témoignage de Mustapha Kessous, journaliste du Monde 

Démontage en règle des idées reçues et pour plus de démontage: les Débunkers de Hoax

(ah et puis des enfants meurent, mais bon...)

Eh: la police assassine chez nous aussi hein. (Sauf que pour en ouïr parler, il faut la mort-tragique- d'un Blanc.) Et s'en tire avec une tape sur les doigts.

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Pas de panique c'est français, c'est la police française.

Le P.S. a le respect des morts.

50 ans de morts par la police.

En France, le grand flou des violences policières.

De Malik Oussekine à Rémy Fraisse...ni oubli ni pardon!

La politique du renoncement face à l'impunité policière en france.

La mort d'Ali Ziri: le non-lieu de trop.

Non-lieu dans l'affaire Ali Ziri: injuste. L'impunité policière est notre pire fléau.

Liste des victimes "connues" de la police depuis 2005

Pour le Malien

Oh et puis, elles et ils ont dû se sentir pousser des ailes, nos hirondelles franchouillardes, parce que leur dernier exploit-et la rhétorique de déshumanisation de l'homme noir qu'ils ont criblé de balles- rappellent étrangement celle du flic de Ferguson (le délire "c'est une créature surhumaine", etc...) J'espère que tu vas pas tomber de ta chaise, mais, scoop:

la police est raciste. (et homophobe, et misogyne.) 

Et quand le flic ne tue pas, il viole. (oui, c'est chez moi.)

Je ne puis que recommander à nouveau le tumblr Valeur-Discipline-Dévouement (Projet Nice Cop) 

Comment le flic peut-il s'épanouir de la sorte en toute impunité? Ben parce qu'on patauge en plein dans la porcherie, comme dirait l'autre. 


 

Allez en vrac, c'est ma tournée: 

Islamophobie (même que ça n'existe que dans nos têtes

Le compte-rendu du livre d'Abdellali HAJJAT et Marwan MOHAMMED, Islamophobie. Comment les élites françaises fabriquent le "problème musulman".

 Les vannes ouvertes de l'islamophobie: l'Etat coupable et responsable par Saïd Bouamama

Contre l'islamophobie, contre le racisme

Islamophobie et foutage de gueule

Le Zemmourotron: 

Le polémiste odieusement censuré par la Pravda stalinoïde des bobos islamo-fascistes germanoprantins lessivés par 200 ans de bolchéviko-féminisme à la solde du lobby du djendeur a suggéré, avec le bon sens qu'on lui connait,  que remettre les bougnoules les rabzouz et les nègres les musulmans dans des bateaux, des trains et des avions (financés par l'Etat qui plus est, si ça n'est pas faire montre d'une générosité au moins équivalente à celle de Pétain sauvant moult Juifs français...) (1) afin de les renvoyer en Musulmanie-bon sens élémentaire Mame Michu, ces gens-là sont solubles dans l'acide ou dans la Seine mais pas dans la réééépublique frrrrrançaise(2) serait, après tout, une bonne solution (finale) à tous les problèmes françois. Evidemment, depuis, le pourfendeur du politiquement correct est victime de ce que le sémillant Jean-François Kahn appelle "une fatwa médiatique" (sic): la rédaction d'RTL, pourtant pas regardante envers les éructations diarrhéiques du zozo s'est désolidarisée de ses propos;  I-Télé a fini par s'alarmer du conséquent budget "seau-essoreur et balai à frange" nécéssaire au nettoyage des glaviots haineux du zozo susnommé, et l'a proprement lourdé. 

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Et ça les enfants, c'est ce qu'on appelle un miracle de Noël...

Dissimulant (mal) l'érection que lui procurent tout à la fois son statut officialisé de martyr-des-islamo-trotskystes parisianistes et le soutien de la Pen, zemmour (sans majuscule) chouine tout de même, pour la forme, que cétaffreux et konpeupuriendire et que d'abord il a pas dit "déporter" (juste "chasser" ou "renvoyer" enfin bref, cépapareil) Bien évidemment il trouvera toujours moyen d'étaler sa haine à la truelle, mais profitons un peu de ce fugace répit salutaire. 

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Reprenons. Vous le savez dorénavant, nous vivons dans un pays pas raciste pour deux sous. Enfin si: raciste antiblanc.(3) Voilà un peu plus de lecture, tiens. 

 "L'universel lave-t-il plus blanc? "Race", racisme et système de privilèges d'Horia KEBABZA

Droit de Réponse à Marion Maréchal-Le Pen de Farida Bemba Nabourema

La rengaine sereine de la victimisation et des accusations de communautarisme (deux textes intersectionnels, BEWARE.) 

L'imposture du racisme anti-blanc

L'identité nationale dans le laboratoire national par Nicolas Roinsard

Non, antisionisme et antisémitisme ne vont pas de pair (ce qu'on se tue à répéter parce que cet amalgamme est bien pratique...) 

Attaquons nous maintenant à un gros morceau: Exhibit B. (on est gâtéEs tout de même) 

http://ultimateoutsider.com/blogimages/blingees/xzibit-pleasestopf.jpg

Mais non pas celui-là.

A ce sujet, je partage l'avis de mamie-caro, exprimé sur son tumblr "J'en parlerai à mon cheval" que j'ai allègrement pillé pour ce déstockage: (hop hop hop)

Si vous pensez qu’Exhibit B est nécessaire pour parler du racisme, juste une question : dans un contexte où le monde de l’Art est déjà dominé par les blancs, vous trouvez pas ça un peu bizarre que la personne à qui on donne la parole pour “ouvrir ce dialogue” (comme si y avait pas des gen-te-s qui gueulent dans l’indifférence depuis bien longtemps), c’est un mec blanc ? Et par “un peu bizarre” je veux dire complètement gerbant.

Et comme beaucoup de choses ont été dites-et de fort belle manière-sur le sujet, sur le traitement médiatique de la mobilisation, etc. Donc plutôt que de paraphraser: 

BoycottHumanZoo: Le racisme s'invite au musée par MrsRoots

#BoycottHumanZoo: le racisme s'invite au musée/A la culture de notre servitude par MrsRoot et Po Lomami

Respect et dignité par MrsRoots

"It is nothing new/ Ca n'a rien de nouveau" by Selina Thompson (traduit par MrsRoots)

Un autre texte de Selina Thompson

Guadeloupe: Exposition "Exhibit B": le MIR s'insurge

"Exhibit B": Oui un spectacle qui se veut antiraciste peut être raciste par Amandine Gay

Le fraternalisme condescendant envers les afro-descendants par JoSeseSeko

(et aussi sur le même blog: Effets de l'esclavage sous un angle économique)

On est pas vos enfants par Kiyémis

Il suffisait de se taire

Boycott Exhibit B-épisode France

Et si Exhibit B était finalement autre chose qu'une oeuvre d'art? Par Claude Ribbe

Exhibit B: de quel racisme parle-t-on? Par Christine Eyene

Manif contre Exhibit B, la performance qui montre des noirs en cage.

Exhiber les corps noirs et faire taire les vivants, par Laurent Sorel 

Mot d'une concierge de la pensée: le rappel ou la rupture. Sous le paillasson.

Exhibit B: quand l'antiracisme s'exprime sans les premiers concernés par Rokhaya Diallo

Sans l'avoir vu, questions et remarques sur l'affaire Exhibit B et quelques autres par Faysal Riad

"J'étais venu dénoncer le racisme d'Exhibit B, j'ai été tabassé par la police;" Témoignage d'Almamy Kanouté

Exhibit B: quiproquo ou analyseur par Saïd Bouamama

 

http://persephonemagazine.com/wp-content/uploads/2013/01/huey-eyebrow.gif

 

« Extorquer l’essentiel sous l’apparence de n’exiger que l’accessoire ou l’insignifiant, imposer le respect des formes pour obtenir toutes les formes de respect constitutives de la soumission à l’ordre établi, les concessions de la politesse n’ont de prix que parce qu’elles sont grosses des concessions politiques. »

 Abdelmalek Sayad, L’immigration ou les paradoxes de l’altérité

 

Pour aller plus loin: 

Repenser le colonialisme, Ann Laura Stoler et Frederick Cooper

La chair de l'empire, Ann Laura Stoler



 

 

 

 

 

(1) Des sacs à vomi sont à votre disposition. Notez que le bateau à musulmans est un thème cher à la droite, de la Pen à Chantal Brunel.   

(2) thèse partagée par un certain monsieur V. qui trouvait pour sa part que l'Islam était pas bien compatible (et que les Rroms avaient vocation à retourner en "Roumanie et en Bulgarie") Vous pouvez reprendre un deuxième sac à vomi. 

(3) Il est amusant de noter que même des personnes reconnaissant l'incongruité d'un "racisme antiblanc" s'offusquent, lorsque l'on parle racisme-outre le fait que l'on puisse parler de racisme vu qu'il y a quand même bien pire et pis le racisme on en meurt pas en france (ou si peu)- que l'on évoque la domination blanche. En général, elles et ils brandissent les exemples du racisme intra-communautaire (entre raciséEs quoi) et voient cette approche du racisme comme étant la stigmatisation des blancHes. Mais heu...à qui ça profite, le racisme? Et qui ça touche en priorité et de façon étatique et systématique?

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Published by Ficus
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