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18 avril 2010 7 18 /04 /avril /2010 11:42

 

En cette époque champêtre, bientôt fleuriront sur les pelouses nanteriennes (outre les packs de Leffes et les étudiants prenant le soleil qui vont avec) de nouvelles et passionnantes activités d'éveil. La semaine du féminisme (12-14 mai) sera suivie du premier Festival BD étudiant, "Sous les pavés, la bande dessinée" (18-19 mai). Une bonne occasion de parler de féminisme et de BD, donc.

 

Wizz, Boom, She-Bam!

 

Les blogs et sites de BD amateurs prolifèrent sur la toile; ces productions à qualité variable, tentent de gratter le plus de lecteurs possibles. Ceux qui n'ont pas vraiment de talent (doux euphémisme) tentent de pallier leur déficience artistique par de fallacieux procédés, qui, en tant que féministe, me font grincer des dents (surtout quand je n'ai plus de clopes à proximité, mon humeur s'en ressent)

 

Chez les auteurs amateurs dépourvus d'originalité et de talent, le "fan-service" est devenu le moyen le plus simple de conserver un lectorat, certes d'ados prépubères en manque de sensations, mais un lectorat tout de même.

 

Qu'est ce que le Fan-Service, se demande candidement le/la ficussonaute béotienNE (mais non ce n'est pas une insulte). Il s'agit d'une belle invention importée avec le manga édité en masse. Le manga de basse, voire TRES basse qualité, s'entend, parce que de très bonnes BD s'exportent du Pays du Soleil Levant, au demeurant. En général, la récurrence du fan service est proportionnelle à la qualité de la BD: plus c'est mauvais, plus il y en a.

"Et en quoi cela consiste-t-il, Docteur Ficus?" Vous demandez-vous (si, vous vous le demandez, parce que j'aime bien me faire appeler "Docteur", même si techniquement, je ne suis pour l'instant que Maître En Lettres Modernes). Eh bien, cherEs petitEs, il ne s'agit ni plus ni moins que de montrer des personnages féminins (les cas de Fan services masculins sont très très marginaux dans la bd mainstream) dans des positions dites "avantageuses". Avantageuses pour le lecteur masculin s'entend, je vous passe donc les détails, vous êtes grandEs (si vous ne l'êtes pas, vous n'avez rien à faire ici, sales gosses).

Ce triste phénomène s'applique à la BD non érotique, et les dessinateurs amateurs qui en usent ne considèrent pas, en toute bonne foi, leur BD comme pornographique ou même érotique.

 

Soyons clairs: les bloggeurs et dessinateurs amateurs qui imitent le style dit "manga" (ce qui traduit une pauvreté créative proche de l'abîme) calquent ce comportent ( en plus des scénarios d'une vacuité proche de l'incident nucléaire que preuvent offrir les plus mauvaises productions de Pika Editions) 

 Ils ne réalisent pas à quel point c'est insultant:

- Pour les femmes, réduites à un -sordide- moyen d'attirer le challand, dont la mise en fiction est uniquement justifiée par la possibilité scénaristique de les foutre à poil. Ce qui signifie que l'existence féminine (en tant que personnage) au sein de la BD reproduit parfaitement les shémas sociaux basiques : le rôle de la femme est de distraire l'homme hétérosexuel.

- Pour les lecteurs potentiels, qui sont pris pour des bourrins qu'une paire de fesses affole suffisement pour les convaincre de lire une BD. De plus, ces BDs sont clairement orientées vers un public (décérébré de préférence) masculin hétérosexuel, sans pour autant accepter la classification de "BD pour longue nuit solitaire d'hétéro".

 

Ce qui est choquant dans ce "parti-pris", c'est justement qu'il ne s'inscrit pas dans le contexte particulier de la BD érotique ou pornographique.

Les BDs de Manara sont sans ambiguïté. Mais tout le monde n'a pas le talent de Manara. La prolifération de BDs pornos, hards ou softs, au début des années 80 est avant tout la manifestation d'un esprit subversif, et, d'une certaine façon, libertaire. Quand Gotlib crée l'Echo des Savanes ou publie les Rhââ-Lovely, la femme n'est pas cantonnée à la fonction ô combien valorisante d'objet sexuel: le sexe est mis en scène dans une finalité ironique. Il en va de même pour Reiser.

 

Comme l'a fait remarquer  très doctement Virginie Despentes dans KingKong Théorie: "Le porno, c'est fait pour se branler".

Les amateurs de Fan-service se calfeutrent dans leur hypocrisie bien pensante, parce que dans leur cerveau d'huître en échec scolaire: étiquetage porno= avilissant. Soit. Et (mal) dessiner des filles nues ou presque toutes les trois pages parce qu'on plaque son comportement de mâle hétérosexuel basique sur son lectorat, c'est quoi, alors? Le jour où ils admettront qu'ils aiment le fan service parce qu'ils ont honte d'aller sur Youporn et de passer pour des pervers finis (Attention, si vous pratiquez la masturbation, vous irez en enfer, ne l'oubliez pas) , les mentalités commenceront peut-être à évoluer. Hypothétiquement du moins.

 stripficus_machatteBLOG.jpg

D'aucun diront que c'est juger un peu sévèrement les jeunes artistes. Ce à quoi je répondrai que ce sont eux qui ont commencé: ils ne font que combler un manque de talent  manifeste par un procédé aussi foireux que d'afficher des femmes à poil dans un but mercantile (dernière ineptie en date: une femme nue pour vendre...une assurance. Véridique, je l'ai vue plusieurs fois dans le train) -ici, dans un but coercitif, à savoir rameuter des gens que leur misère sexuelle pousse à suivre et encourager ce genre de production.

 Aucun message, juste une image lisse et romancée du sexe: la femme est montrée dans sa réalité physique, mais jamais sexuellement "active". La plupart du temps, le lecteur est mis dans la position (le/la premierE qui trouve un jeu de mot moisi est prié de me l'envoyer, merci) rassurante, du voyeur, ce qui n'est jamais qu'une mise en abyme simpliste de l'acte de lecture. A la fois actif/passif, il est donc dans une position dominante, et la femme qui est surprise sous la douche ou par le vent qui soulève opportunément sa jupe, dans une position de dominée. On notera la promptitude de ces "artistes" à reproduire la société sans pour autant s'interroger sur ses déficiences.  Aucune revendication, aucune poésie, aucune velleité artistique...

 

Je pourrai vitupérer longtemps sur tout ce qui vérole la BD amateur, mais je dois y aller, y'a René Binamé au C.I.C.P.

Vous êtes bien sûr invitéEs à réagir.

 

Phylactèrement,

 

Le Joker

 

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18 avril 2010 7 18 /04 /avril /2010 11:30

"Rien de surprenant à ce que le cheval soit la plus belle conquête de l'homme. C'est justement l'animal le plus con"

HommeCheval.jpg

 

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14 avril 2010 3 14 /04 /avril /2010 13:51

Jim Carroll:

 

Organic Trains (1967)

The Book of Nods (1986)

Fear of Dreaming (1993)

Void of Course: Poems 1994-1997 (anthologie, 1998)

 

The Basket Ball Diaries (1978)

 

Rimbaud Lectures (1978)

The Basket Ball Diaries (1998)

 

Richard Hell

 

Essais (sur le site officiel http://www.richardhell.com)

 

Réflexions sur Johnny Thunder, les Sex Pistols, les Ramones, la fermeture du CBGB's...

 

Plus spécifiquement sur la poésie: note on poetry & punk

                                                                 on poet Bill Knott

 

Poésie: The Cattle (untlited) (1970)

                Drunken Boat (avec Tom Verlaine) (1971)

                T.Stern poems (avec Tom Verlaine)

                 Across the Years (1991)

                 Winter Poem for new year's (1999)

 

Patti Smith

 

Babel, 1978

Lectures de Rimbaud et William Blake (2005)

Présages d'innocence (2007)

 

Jim Morrison : "Pourquoi je bois? Pour pouvoir écrire de la poésie"

 

Wilderness

La Nuit Américaine

 

Sur le punk:

 

Please Kill Me, l'histoire non-censurée du punk racontée par ses acteurs Legs McNeil, Gillian McCain

Babylon Burning Clynton Heylin

 

Pour ceux que ça intéresse, je mets à disposition un mini-mémoire de validation de semestre consacré à la Figure du Poète chez Cocteau ( suffit de demander) please_kill_me.jpg

 

 

 

 

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13 avril 2010 2 13 /04 /avril /2010 23:47

 Le 8 avril dernier est décédé, dans l'indifférence semi-générale, Malcolm McLaren, "entrepreneur du punk". Gageons que les petits malins qui ont trouvé ce titre qui n'a rien d'honorifique n'ont jamais mis les pieds dans le punk, parce qu'ils sauraient alors, néophytes qu'ils sont, qu'on entreprend pas le punk. A la rigueur c'est lui qui t'entreprend, voire t'entremets, t'entrelaces et t'entrabandonnes comme une entremerde entre deux cannettes vides de 1664 après un concert au son crasseux dans une salle où les murs suintent la haine, la violence et l'esprit de bande, et où les WC (quand il y en a) crient "blénnoragie!". Voilà voilà.

On doit à Malcolm McLaren les New York Dolls, prototype américain des Sex Pistols, les tee shirts en chambre à air et les colliers à clous. Bref. Si je me permet d'attirer l'attention sur le décès de ce personnage capillairement desservi, ce n'est pas pour vous inciter à jouer les pleureuses et vous suggérer de défiler à Ménilmontant uniquement vêtus de l'Union Jack, mais pour soulever un étonnant phénomène: la malédiction du rienàfoutrisme qui frappe les principaux acteurs du punk, et surtout, les plus captivants.

 

No Fun (Iggy Pop & The Stooges)

 

Parlons un peu littérature. Au début, c'est  à dire en 1969, il n'y avait rien, et les hippies commençaient déjà à courir sur le système de toute une frange de la population qui n'adhérait réellement qu'au LSD et au sexe libre. Surgit alors le Velvet Underground (ceci est bien évidemment un succint punkorama) et avec lui tous ces satellites plus ou moins allumés. "Heureux les fêlés, car ils laissent passer la lumière" a dit Michel Audiard, qui était plein de bon sens. Et parmi ses satellites se trouvent d'authentiques écrivains, des poètes, des fous, des freaks, des superstars, et des bananes sérigraphiées.

 

Sedated in the Eighties (Jim Carroll)

 

Satellite méconnu, Jim Carroll (1/08/1949-11/09/2009) collabora avec le Velvet Underground dès 1972. A son actif, de nombreux recueils de poésie: Organic Trains, Fear of Dreaming, The Book of Nods...Ainsi qu'un célèbre journal, Basket Ball Diaries, et un roman, Forced Entries. L'adaptation de Basket Ball Diaries, même si elle est acceptable, fait totalement l'impasse sur  la culture punk et la musique , pour se concentrer sur un message asséné avec une délicatesse qui force l'admiration: la drogue c'est sale, se prostituer pour en avoir l'est encore plus. C'est évidemment passer à côté de toute la richesse poétique de Jim Carroll: sa conception esthétique proche de celle de Jean Cocteau le pousse à la quête d'un monde onirique marqué par l'angoisse et la douleur de la création. La musique de Jim Carroll est tout aussi expressive que ses poèmes, et il est plus que dommage qu'on n'entende pas plus parler de lui. Bon il l'a un peu cherché, il est mort un 11 septembre, mais tout de même, quelqu'un qui a traversé le mouvement punk originel et a vécu jusqu'à l'âge vénérable de 60 ans, rien que pour ça, on devrait laisser tomber les tours (roooo le vilain jeu de mots, non mais quelle honte) et commémorer plutôt ce monument New-Yorkais autrement poétique.

 

Blank Generation (Richard Hell & The Voidoids)

 

Autre poète arrivé par cooptation au Velvet (c'est le terme poli pour dire "parce qu'il a momentanément sauté Nico"), Richard Hell est surtout connu (enfin, connu...demandez au punk à chien moyen si il connait Richard Hell, il vous postillonnera des insultes inintelligibles dans des relents de bière et retournera amoureusement fouiller sa poubelle-ou vous mordra afin de vous refiler le tétanos, si il est d'humeur taquine-fin de la disgression stigmatisante)  pour avoir lancé la mode du groupe mutogène:il fonde avec son acolyte Tom Verlaine The Neon Boys, qui devient Television, puis il se casse pour rejoindre The Heartbreakers, monté par deux ex New York Dolls, puis il se recasse pour fonder Richard Hell & The Voidoids, puis Dim Stars...vous suivez? Source d'inspiration de Malcolm McLaren pour le look cheveux-hérissés-qui-tiennent-avec-du-lubrifiant, et auteur du culte Blank Generation, pendant américain du Pretty Vacant des Sex Pistols. On doit notemment à Richard Hell le premier album merveilleusement hallucinogène de Television, le très beau Marquee Moon, qui donne une idée relativement précise d'un voyage introspectif  champignonnesque. (Pour avoir expérimenté les deux, je puis vous garantir la qualité de Marquee Moon. Si c'est pas du journalisme d'investigation, ça...) Sa production poétique est également considérable. Il se rapproche d'ailleurs du parti-pris de Patti Smith, qui s'inspire ouvertement de Rimbaud, à la fois modèle, sujet et objet de certaines oeuvres. On trouve d'ailleurs dans la bibliographie de Hell un Drunk Boat, cosigné de...Tom Verlaine. (Le Bateau Ivre, Rimbaud)

Comme Carroll, Richard Hell est marqué par la posture artistique de Jean Cocteau, plus que par sa poésie elle-même: étonner, faire du poète une oeuvre d'art, et avoir plein de copains avant-gardistes pour frimer en société. Ainsi le recueil Wanna Go Out (1973) est signé Theresa Stern. Les deux poètes (dont l'un ne s'est pas trop foulé pour trouver son pseudonyme, soit dit en passant) se créent un double poétique, féminin, qui n'est pas sans rappeler Patti Smith à cette époque de ses velleités poétiques.

 

Light My Fire (The Doors)

 

Le début du mouvement punk a vu fleurir (et moisir relativement rapidement) de véritables poètes post-symboliques, marqués essentiellement par des auteurs français. Rimbaud bien évidemment, mais aussi Verlaine, Baudelaire et Cocteau. Force est de constater que tout le monde s'en fout. On se souvient aisément de Jim Morrison hirsute et bedonnant (enfin, des tristes vidéos de Jim Morrison hirsute et bedonnant, parce que pour ma part, quand il zigzaguait sur scène entre deux vomis pendant sa sale période, je n'étais même pas à l'état de projet et vous non plus. Alors hein, je vous en prie). Pourtant tous ces poètes ne se sont pas contentés d'écrire, ils ont fait vivre leurs poésies lors de nombreuses lectures. Aujourd'hui, il est difficile de concevoir les acteurs de la scène punk contemporaine investir un espace poétique. Encore que. Peut-être qu'en leur demandant gentiment?

Richard Hell, même si il n'est pas aussi moisi que Loran Beru, poète d'un autre genre, a au moins le mérite d'être toujours en vie, mais il y a fort à parier que lorsqu'il ira rejoindre ses collègues punks à ce qui tient lieu de paradis punk (qui doit fortement ressembler au CBGB's), personne n'en parlera...

 

Bruyemment & Furieusement,

 

Safety Pinned Ficus

 

 

 

 

 

  stripficus_wcBLOG.jpg

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11 avril 2010 7 11 /04 /avril /2010 17:26

"Aimer son prochain est une chose inconcevable. Est-ce qu'on demande à un virus d'aimer un autre virus?"

 

E.M. Cioranpeluches-virus.jpg

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10 avril 2010 6 10 /04 /avril /2010 23:19

Derrière ce titre sulfureux se cache une réflexion profonde, à la fois sémantique, sémiologique et sociologique (ça fait beaucoup de gros mots d'un seul coup n'est-ce-pas?) sur la question qui ronge nos esprits torturés depuis le première fois, où tomba dans nos chastes oreilles (si, nos oreilles ont été chastes un jour) ce vocable plein de poésie.

Qu'est-ce donc qu'une salope?

 

Préambule de savon (calembour de salope)

 

Ce qui réactiva cette question, pour ma part, et me poussa donc à vous faire partager le fruit laborieux d'un intense travail intellectuel, fut un incident mineur dont je m'en vais gaiement vous faire la narration.

Mise en situation: un Ficus ronchon, de type "Sortie de colloque", se fait aborder par un quidam voulant connaître les origines de votre plante préférée (si vous avez d'autres plantes préférées, ce sont des impostures, méfiez-vous). Ce à quoi je répondis par un certes cavalier mais justifié "Qu'est ce que ça peut te foutre?" parce que 1) j'ai horreur qu'on me tutoie 2) j'exècre ce réflexe visqueux de vouloir à tout prix savoir d'où je viens sous le prétexte que je présente un certain exotisme, qui me vaut d'ailleurs l'excitation discrète et distinguée de ma très chère loutre d'agrément presque agrégée. Mais nous nous égarons. Le quidam susnommé, dédaignant l'effort maïeutique que représentait ma réponse sous forme de question sensée à une question débile, conclut cet échange par-je cite: "tu ressembles à une vraie salope".

Ce qui amena la question de mon éminent camarade du F.I.O.N (Front d'Intervention Onirique et Nihiliste) : qu'est ce qu'une fausse salope? Qu'est ce qui distingue la vraie de la fausse? Et surtout, qu'est ce qu'une salope?

 

Le Manifeste des 343 Salopes

 

Je me suis permis d'emprunter le titre de cet article (mais je vais le rendre, ça va...) à la couverture de Charlie Hebdo de 1971, faisant suite à la pétition parue le 5 avril 1971 dans le numéro 334 du Nouvel Obs. Ce Manifeste des 343 est signée par 343 femmes ayant avorté. Le manifeste, rédigé par Simone de Beauvoir ,appelle à la dépénalisation de l'avortement. La semaine suivante, Charlie Hebdo fait sa une avec un dessin de Cabu demandant "Qui a engrossé les 343 salopes?" Il s'agit évidemment pour Charlie Hebdo de fustiger non pas ces femmes qui ont eu les ovaires d'afficher leur désobéissance civile, mais bien les hommes politiques refusant un droit élémentaire, à savoir celui de disposer de son utérus. Ce titre renvoie également à la réaction basique du con moyen, pour qui une femme avortant est forcément une salope, puisqu'elle s'inscrit en contrepied de l'institution familiale et religieuse.

Je serai donc tentée de dire que quiconque marche sur les traces de ces courageuses salopes, en empêchant les associations pro-vie de venir nous faire chier par exemple, ou en refusant l'hétéro-patriarcat,  fait figure de 344, 345, 346ème...etc...salope, donc de femme qui déchire sa race pour reprendre le vocabulaire fleuri des djeuns de nos jours qui font rien qu'à nous renvoyer notre vieillesse en pleine gueule.

 

Définition de la Salope

 

Malheureusement, nos congénères ne font pas référence à ce Manifeste quand ils nous lancent un "salope" dépité en seule réponse à des avances agressives refusées. Exemple mâtiné de trouble poésie: "Hé tu me suces? / Non/ C'est ça casse toi Salope!" Merci pour eux.

Les plus scientifiques argueront que la salope est la femelle du salaud. Oui mais non. Tout simplement parce que l'orthographe dément cet état de fait: salope serait le féminin de salOP, archaïsme que l'on retrouve chez Maupassant ou Zola, mais ne me demandez pas les références, je ne me souviens pas de tout non plus. En plus de posséder l'une des graphies les plus moches de l'histoire de l'insulte, ce mot ne jouit pas du même impact que son équivalence féminine. Un mec qui refuse de se livrer à des fantaisies buccales sur ses congénères ne se fait pas insulter, avec ou sans "e" à la fin, bien au contraire. Ni traiter de salaud.

Fions (et n'y voyez pas là une allusion salace, bande de coquinous)  nous donc à la définition du Dictionnaire de la Langue Française en ligne, parce que cela m'ennuie de chercher plus avant, et surtout parce que cela est révélateur:

"Salope: nom féminin. Sens: femme méprisable [injurieux] "

La femme qui dit non est donc "méprisable". Mais celle qui dit oui l'est tout autant. Exemple au lyrisme exacerbé: "Ya que le métro qui lui est pas passé dessus, c'est une salope". ou: "Etre habillée comme une salope".

Assumer sa sexualité et se défaire du carcan institutionnel et social, bouleverser les normes d'une bienséance subjective font donc de nous des salopes. La salope est celle qui s'approprie le discours sexuel "traditionnellement" masculin: droit au sexe sans lendemain, sans sentiment (mais protégé, que Saint Latex veille sur vous) , droit de mettre à la porte son camarade de jeu au petit matin, droit de ne pas téléphoner, droit de baiser avant, pendant, après le mariage, et à but non procréatif.

 

Sale temps pour la Salope

 

Les filles aussi sont impitoyables pour les salopes. Aliénées par une société qui suinte la testostérone, qui leur apprend à vouer leur existence à la satisfaction du désir masculin, certaines se conforment donc à ce que cette même société attend d'elles: fustiger la salope, mettre en avant des valeurs "morales" et dépoussierer les questions "d'honneur". Merci à des lettrées telles que Diam's pour avoir remis au goût du jour des considérations passablement oiseuses. A qui ou à quoi doit-on faire honneur quand on s'envoie en l'air? Cette diabolisation du sexe a des conséquences néfastes, puisqu'elle génère ignorance et incompréhension. Au fond, et même à la surface, c'est cela que soulève la question de la Salope: le rapport conflictuel à la sexualité. Les hommes ne comprennent pas pourquoi les femmes refusent de se laisser traîner dans leur grotte par les cheveux, et c'est avec une extraordinaire naïveté qu'ils s'imaginent que la femme ne vit que pour le séduire: une femme qui refuse de baisser la tête se conduit comme une catin babylonienne, alors si elle se fait emmerder c'est qu'elle l'a bien cherché, CQFD. Toutes des Salopes, sauf maman...

Ce que le con moyen et la conne moyenne ne comprennent pas, parce qu'ils sont cons et moyens justement, c'est que l'homme qui siffle ou interpelle bruyemment une femme, bref fait preuve d'un comportement sexuel agressif, sous prétexte qu'elle a l'air "facile"selon ses critères machistes, donne plus l'image d'un babouin que d'une créature civilisée. Les hommes hétérosexuels seraient-ils tous des animaux, incapables de réfréner leurs instincts, se livrant à la parade nuptiale dont la subtilité n'a d'égale que l'élégance dès qu'on ose montrer ses genoux?

 

 

Conclusion

 

Il n'est point aisé de définir la salope, car il y a autant de définitions que d'individus.

Si l'on décide d'utiliser le terme "salope" en tant qu'insulte, alors la salope n'a pas de sexe. Est une salope celui/celle qui justifie le viol et les violences faites aux femmes pour les fallacieuses et scandaleuses raisons énoncées plus haut, qui porte atteinte aux libertés et aux acquis féministes, qui fustige les putes et nous met dans une position de faiblesse du fait de notre féminité.

 

Pour ma part, "Salope" est un terme positif depuis les 343. Lutter contre l'homophobie et le sexisme, (entre autres) pour notre société -hum- moderne, équivaut à être une salope, c'est-à-dire à soulever les questions liées à la sexualité et à la réappropriation de son corps, ce qui n'est pas de bon ton.

Finalement, être une salope, ça nous va bien au teint, non?

 

Ficussieusement,

 

Angela Des Vices.

 

A lire aussi: La Journée de la Salope, parue dans Siné Hebdo

 

 

 

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10 avril 2010 6 10 /04 /avril /2010 22:57

illugrat.jpgBienvenue dans cet univers étrange qui n'est autre que le recyclage éhonté de La Décharge, glorieux Glandzine (comme un fan/web/truczine, mais en plus décontracté...) dont la fulgurance marqua à tout jamais ses deux illustres créateurs à un degré difficilement concevable. Si si.

Bref, ce blog est essentiellement composé de disgressions, divagations, réflexions profondes d'une utilité discutable, parce que je ne dessine pas que des conneries, j'en écris aussi. La Ficusphere est également le lieu privilégié de la solidarité avec les etudiants en général et les Lettreux en particulier, qui sont invités à réagir, ou même à pomper honteusement tout ce qu'ils jugeraient opportun de voir figurer dans une copie. (Faites attention quand même, la Vérité Surprême de la Parole Ficussienne n'est pas encore tout à fait reconnue par le reste du monde).

N'hésitez pas non plus à proposer des sujets de votre cru, parce qu'il est tellement plus agréable de mobiliser son intelligence sur des conneries que sa connerie sur des choses intelligentes...(Les Shadoks font loi)

 

Enjoy It...

 

Barbie Prozac.

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