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1 octobre 2014 3 01 /10 /octobre /2014 12:11

Salut, bien ou bien? Ave, bonum aut bonum? Pour ceusses que les langues anciennes émoustillent. 

Je sais ce que tu te dis (oui je lis dans ton esprit): comment diable cette personne, qui doit rédiger incessement sous peu une vingtaine de pages sur l'urbanisation et les phénomènes de foule trouve encore le temps de s'enquérir des légitimes angoisses de Madame Michu? Eh bien déjà, je te remercie de ta sollicitude, ensuite, j'avoue qu'aujourd'hui, je n'ai pas trop à me fouler, et que je retournerai bien vite à la lecture du dernier Batman Saga à ma table d'affliction car, anéfé*, le sujet qui nous préoccupe est magistralement traité dans une non moins magistrale démonstration. Nous allons donc, une fois encore, découvrir pourquoi et comment on se gourait depuis le début et je l'espère, rougir ensemble de notre stupidité.

Qu'entends-je par "on"? M'explique.

Vous êtes sans doute au courant de l'assassinat d'Hervé Gourdel.  Vous êtes sans doute au courant également de l'initiative du not in my name. Et vous devez savoir aussi que quelques personnes, (ce fameux "on", mais "on" est un con dit la sagesse populaire alors confisons-nous de honte ensemble) sont circonspectes. Pourquoi? 

Comme très bien expliqué dans le texte de quartiers libres, Les islamophobes de toutes tendances demandent aux musulmans vivant sur le territoire français de se démarquer de cet assassinat. Cette simple requête vaut accusation, car elle implique un lien entre cet assassinat et les musulmans de France. Il faudrait nous expliquer lequel. Le raccourci musulman = terroriste est tentant. De Manuel Valls à Marine Le Pen en passant par Estrosi, la classe politique dominante fait l’amalgame avec plus ou moins de finesse. Certains djihadistes tuent au nom de la religion, cela ne signifie pas que tout les musulmans qui ne se reconnaissent pas dans ces actes sont obligés de mener une campagne « not in my name ». Cela devrait tomber sous le sens.

Ben oui, cela devrait. 

Eh bien non! Abruti-e-s que vous êtes par l'islamo-gauchisme-bien-pensant-stalinoïde-tribalisto-communautariste! Vous n'avez rien compris! Et l'auteur de notre texte analysé aujourd'hui vous explique généreusement pourquoi:

Et pourtant, la polémique commence à enfler. Motif : les musulmans n’auraient pas à s’excuser pour les actes commis par l’État islamique. Autant le dire tout de suite : ceux qui vont dans ce sens n’ont rien compris  à cette initiative.

Ah, pardon. Oui on avait pas bien compris. Je suppose que vous êtes comme moi, vous avez sans doute mobilisé tous les membres que vous pouviez frapper vigoureusement l'un contre l'autre afin d'applaudir cette observation de Julien Salingue que je reproduis ici: 

C'est marrant de voir tous ces gens  qui passent leur temps à expliquer que la France n'a pas à s'excuser  pour l'esclavage et la colonisation, dont elle est pourtant directement responsable, demander aux Musulmans de France de s'excuser pour un meurtre avec lequel ils n'ont, directement ou indirectement, rien à voir.

N'effet, en appelant les musulman-es à se désolidariser de "ceux qui tuent en [leur nom]" (copyright Bruno Gaccio) on leur dit, très clairement: "excusez-vous de partager la même religion. Excusez-vous d'êtres musulman-e-s, parce que l'islam, hein, c'est pas bien compatible alors déjà qu'on vous laisse généreusement pratiquer votre religion incompatible, soyez mignon-nes et faites ce que nous attendons de vous. Sommes-nous pas gentils avec vous z'autres, nous les paternalistes?" 

Eh bien non, nous voyons le mal partout. Car: 

Ceux qui y participent ne s’excusent pas : ils se désolidarisent ; ça n’a absolument rien à voir. Ont-ils à le faire ? Personne ne peut l’exiger d’eux, mais à l’évidence ils ont raison de le faire.

Evidemment ça n'a rien à voir. Ca n'a absoluement rien à voir avec le fait, qu'en se "désolidarisant" haut et fort, les musulman-es sauvent leur mahométan derrière, histoire de ne plus être amalgamés avec le terrorisme. Ca n'a rien à voir avec le contexte de stigmatisation. Et l'auteur paternaliste, qui SAIT, dit qu'ils ont raison de le faire.  

Ce que l'auteur a vraisemblablement mal compris, c'est que les voix s'élevant contre la nécessité de désolidarisation ne fustigent pas les musulman-es faisant le choix de participer à la campagne "Not In My Name"("Pas en mon nom"). C'est leur choix et il leur appartient. Et ce n'est pas aux non-musulman-es de dire si ce choix est judicieux ou non. Ce qui choque, c'est que des musulman-es ressentent le besoin d'affirmer leur non-accointance avec le Daesh, alors que des personnes d'une autre religion ne ressentent pas le besoin de venir se désolidariser haut et fort des exactions commises en leur nom. 

La seconde raison pour laquelle les musulmans font très bien de se désolidariser publiquement de l'Etat islamique est que ce dernier, que ça nous plaise ou non, prétend parler en leur nom. Dans ses déclarations, il se revendique non seulement de l'islam, mais encore comme le seul islam véritable, et il considère les musulmans qui s'opposent à lui comme des traîtres qui méritent la mort. 

A partir du moment où un groupe de personnes, identifiées comme des fondamentalistes, (donc des gens dont la parole ne fait autorité que sur une minorité de fanatiques, ce qui n'enlève rien à leur dangerosité, mais qui reste minoritaire), parle en votre nom, vous êtes suspect-es. Ravie de l'apprendre. 

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"Personne ne pense que ces gens sont représentatifs des chrétiens. Alors pourquoi autant de monde pense que ces gens sont représentatifs des musulmans?"

Si j'ai bien compris, les musulmans qui ne montrent pas clairement qu'ils sont "des traîtres qui méritent la mort" pour le Daesh (1) sont d'office suspects. Coupables jusqu'à preuve du contraire, parce que...musulman-e-s. Et c'est pas problématique, ça?

 "L’islamophobie repose sur l’altérisation des musulmans réels ou présumés. Ces Autres musulmans se retrouvent réduits à leur religiosité avec  deux conséquences: d’une part l’effacement de leur pluralité interne en tant qu’individus sociaux dont la dimension religieuse prime, alors qu’une personne croyante ne se réduit pas à cette dimension-là. Ensuite, on considère tous les musulmans comme un bloc homogène, comptable des usages de la violence et des pires atrocités commises au nom de l’islam."

Source

Reprenons. 

C’est pour cela que, quand on tombe sur un article du Nouvel Observateur [ndR: celui là] qui affirme que les musulmans n’ont pas à se désolidariser de Daesh puisque les femmes n’ont pas à se désolidariser de Nabila ou les porteurs de prothèses d’Oscar Pistorius [sic !], il y a de quoi être atterré par un degré de réflexion aussi bas. Nabila ne prétend pas parler au nom des femmes, ou Pistorius en celui des porteurs de prothèses !

Nb: l'exemple de Nabilla (avec 2 L) n'est pas pertinent, étant donné que l'une des attaques récurrentes à son encontre est "la mauvaise image qu'elle donne des femmes". Et le sexisme ambiant enjoint constamment les femmes à se démarquer et se désolidariser des femmes comme Nabilla: l'éternelle dualité de "la catin" et de "la fille bien."(le slut-shaming, quoi.) 

Le bas degré de réflexion afflige l'auteur, mais ne lui est-il pas venu à l'esprit que, face à la bassesse des interventions de nos grands penseurs (Onfray, Finkie, BHL & co), réclamant toujours à grands cris une preuve tangible de la non-implication de tout musulman passant par là dans les exactions commises au nom de l'Islam par un ou plusieurs tarés, il se trouve des gens qui préfèrent répondre par l'ironie afin de souligner l'absurdité de ces propos? Tout comme la campagne virale Muslim Apologies

Prenons le cas du christianisme. Si un catholique pratiquant assassine sa femme parce qu'elle le trompe, je n'ai pas à me désolidariser de lui, parce qu'il n'a pas commis ce meurtre au nom de sa foi, et parce qu'il ne prétend pas parler en mon nom.

Non, en revanche, si l'on applique son raisonnement jusqu'au bout, faudra se désolidariser de lui en tant qu'homme, vu que le meutre d'une femme pour adultère est un pur produit du patriarcat: la femme appartenant à l'homme. Un meurtre de ce genre est donc le produit d'un système affirmant la supériorité de l'homme. Et pourtant, lorsque des femmes sont tuées par leur conjoint (ce qui arrive un peu beaucoup souvent, étrangement) personne ne demande aux hommes hétérosexuels ayant une compagne de se désolidariser de ces hommes-là. (et quand on en parle on a droit aux ouin-ouin en mode "paaaaas tous les hommes!", qui n'est pas de la désolidarisation-au contraire, il s'agit de réhabiliter les hommes qui seraient injustement attaqués quand on dénonce l'exaction commise par l'un des leurs. Mais demander des comptes aux musulmans, ça, ça passe.) 

Mais quand l’Église de France affirme qu’au nom d'une anthropologie chrétienne, elle ne peut pas accepter le mariage ou l'adoption pour les couples homosexuels, il est alors de mon devoir de chrétien de me désolidariser d'elle, et de le faire publiquement, pour montrer, que, contrairement à ce qu'elle voudrait laisser croire, le christianisme ou le catholicisme ne sont pas uniformes sur ce sujet et ne se réduisent pas à l'idéologie portée par leurs autorités.

 Arrêtons-nous deux minutes là-dessus. En tant que militante pro-LGBTQI, je suis sincèrement ravie que des gens se désolidarisent des Civitas et autres. Malheureusement, le monde ne tournant pas autour du petit nombril de l'auteur, sa seule action ne suffit pas à déboucher sur une action collective. On attend toujours une manifestation explicitement catholique, (comme les manifs Not In my Name sont explicitement musulmanes-même si d'autres confessions les rejoignent) avec pour mots d'ordre "nous n'avons rien à voir avec ces gens-là". Et cet argument déplace le problème: la vraie question c'est "pourquoi PERSONNE ne formule une demande de désolidarisation avec les cathos-fachos." Pourquoi on considère d'office qu'ils sont une minorité non-représentative, quand on fait exactement l'inverse avec les musulman-e-s. 

Et, si je puis me permettre de chipoter, ce n'est pas parce que l'auteur estime que quelque chose relève de son devoir de chrétien que TOUT le monde doit considérer son devoir de croyant, quelle que soit sa religion, de façon identique. La preuve, d'autres catholiques estiment qu'il est de leur devoir de chrétien de descendre dans la rue contre l'égalité des droits. 

Eh ! Tous les beaux parleurs qui s’offusquent que les musulmans aient à se désolidariser des actions de l’État islamique, ou étiez-vous lorsque nous étions nombreux, catholiques progressistes, à affirmer notre soutien à la loi Taubira? 

Ben, on était dans la rue. Bientôt on apprendra que seul-e-s les catholiques progressistes ont porté les contre-manifestations face aux homophobes, c'est-y pas beau? Oui, pardon de la ramener, mais bon, les "beaux parleurs", je suppose que cela s'adresse à "nous", ce "nous" disparate composé d'antifa, d'antiracistes, d'antisexistes, bref la vermine gauchisante habituelle, qui a la monstrueuse prétention d'ajouter à ses combats la lutte contre l'homophobie...D'ailleurs c'est facile de nous retrouver, on est celles et ceux régulièrement pointés du doigts comme les monstres à la solde du djendeur attaquant les honnêtes familles. Pour les plus sceptiques, veuillez vous référer aux Unes de torchons fachos, merci. 

Que ne faisiez-vous vos discours alors ? Pourquoi ne pas nous avoir rassurés, nous aussi, en nous disant que bien sûr, vous ne faisiez pas d’amalgame, et qu’il était bien évident pour vous que le christianisme n’avait rien à voir avec la position de l’Église de France ? Pourquoi ne vous offusquiez-vous pas, déjà, de nous voir non seulement devoir nous désolidariser, mais encore affronter le scepticisme de ceux qui nous considéraient forcément comme des crypto-réactionnaires ?

Eh hop, un peu de chouine à la cathophobie qui va bien...Pourquoi nous serions-nous offusqués d'amalgammes qui n'ont jamais été faits sur la place publique?

Les manifestants homophobes (les "vrais" réactionnaires) sont toujours particulièrement chouchoutés par les médias (coucou BFMTV), et l'on rappelle sans cesse que "ces gens ne sont pas homophobes gna gna gna"... Alors si même EUX sont pas stigmatisés, difficile d'imaginer que les "potentiels" aient pu l'être...

Ceux qui ont rejeté les cathos progressistes pro-égalité, ce sont majoritairement les cathos non-progressistes. Il y avait des cortèges "croyants (toute religion confondue) progressistes pour l'égalité des droits" dans les manifs-encore eut-il fallu s'y rendre. 

Et l'argumentation devient un peu fallacieuse: l'auteur trouve justifié la demande de désolidarisation et la désolidarisation consécutive des musulman-e-s. En revanche, il trouve injustifiée la demande de désolidarisation et la suspicion envers des catholiques, et trouve tout aussi indigne que les participant-e-s aux actions pro-égalité les aient suspectés d'accointances douteuses. 

 Vous avez dit deux poids deux mesures? 

L'auteur oserait-il placer sur le même plan la stigmatisation subie par les musulman-e-s (et par extension les noirélézarabes, vu que, c'est bien connu madame Michu, ces gens là sont trèèèèès souvent musulmans et on sait bien ce que ça veut dire *clin d'oeil, clin d'oeil*) et la méfiance envers des (pas "les", "DES") catholiques se rapprochant pépouze de l'extrême-droite ? Est-ce que c'est contre les dangers du catholicisme que la Pen a alerté la rance à de nombreuses reprises? Est-ce que les catholiques subissent les conséquences directes d'une stigmatisation d'Etat

Si l'auteur se sent concerné quand des militant-e-s évoquent les catho-fachos, c'est son problème, qu'il se pose les bonnes questions. De plus, accuser les "beaux parleurs" (qui selon lui n'étaient pas dans la rue) de stigmatisation et d'amalgame est erroné, vu que, eh, si tu es dans un cortège pro-égalité sous un drapeau arc-en-ciel, personne va venir te demander ce que tu fous là, vu qu'aux dernières nouvelles, à moins de porter un crucifix de 30 cm autour du cou, personne ne sait si tu es catholique ou pas. On est déjà assez peu nombreux-ses- comparé aux autres, là, qui affretent des bus pour leur haineux raout, pour ne pas, en plus, dégager du monde. J'aimerais bien autre chose que des affirmations subjectives (des liens, par exemple) sur la violence supposée envers les catholiques progressistes de la part des non-catholiques. 

Si les musulman-e-s se sentent concerné-e-s quand on parle de terrorisme-djihad-la-rance-a-peur-invasion-mahométane, c'est parce que tout est fait pour qu'elles et ils le soient, pour les assimiler à un danger, et leur silence face à une exaction (quelle qu'elle soit) est interprété sinon comme un consentement, du moins comme une approbation. 

Alors de grâce, un peu de bon sens. Arrêtez de voir de l’islamophobie partout.

Oui, hein, arrêtez avec l'islamophobie, ça n'existe pas. Vous devriez le savoir maintenant, la suspicion systématique des musulman-e-s, ce n'est pas phobique, c'est du bon sens. 

quand une autorité (car, que vous le vouliez ou non, le califat dispose de facto d’une certaine autorité) prétend parler ou agir au nom d’un groupe ou d’une communauté, ceux qui, en son sein, ne sont pas d’accord avec ce qu’ils disent ou font ont le devoir de le faire publiquement connaître.

C'est bien pratique ça: l'Etat Français, disposant d'une certaine autorité, a prétendu agir au nom d'un groupe ou d'une communauté en massacrant en Algérie et en noyant à Paris. Celles et ceux qui ne sont pas d'accord avec ça devraient se faire publiquement connaître. Inutile de préciser qu'on attend toujours

Et, n'en déplaise à l'auteur, à part sa reconnaissance publique personnelle, on attend toujours que les catholiques non-intégristes se fassent publiquement connaître. Parce que bizarrement, on entend surtout Béatrice Bourges, Ludivine de la Rochère, Escada et tout l'orchestre. 

Et, si l'on se penche sur le cas Farida Belghoul (je sais, difficile de la prendre au sérieux) bizarrement, PERSONNE n'a demandé aux musulman-e-s de se désolidariser d'une croyante musulmane proférant sur la place publique des insanités qui lui ont valu l'adoubement par les catho intégristes du style Civitas. 

P'têtre parce que quand il s'agit de lutte contre le tout-puissant djendeur, l'on considère cela comme de l'intégration. 

Bref. Reprenons. 

Tant il est vrai qu’entre l’islamophobie réelle et la dénonciation hystérique d'une islamophobie fantasmée à propos de tout et n'importe quoi, le juste milieu semble décidément, pour beaucoup, bien difficile à tenir-voire à comprendre.

Je traduis à votre intention, les non-comprenants islamo-paranoïaques: MOI-MOI-MOI, ne subissant pas l'islamophobie, n'étant pas musulman-e, je suis à même de distinguer ce qui relève du fantasme et de la réalité-réalité que je ne vis pas, mais c'est moi qui dit quand une oppression en est une-et là je dis que ce n'en est pas une, et je suis toutafé légitime à le dire parce que JE LE SAIS et puis ta gueule.

Et après c'est nous les hystériques...

De même, aujourd’hui, les musulmans qui n’appliquent pas les passages du Coran ou des hadiths appelant à la violence sont peut-être des hérétiques; il y en a d'autres, encore plus hérétiques qu'eux, qui pensent que les hadiths, voire le Coran, ne sont pas la Parole de Dieu, mais Sa Parole interprétée et, parfois, déformée par les hommes...Ils sont sans doutes hérétiques; ils n'en sont pas moins l'avenir de l'islam.

Oui...PERSONNE N A DIT LE CONTRAIRE. Personne ne dit que les musulmans considérés comme "hérétiques" par l'intégrisme et le fondamentalisme ne sont pas de bons musulmans (contrairement aux intégristes, justement). 

Je reviens un peu sur cet argument que je trouve assez bizarrement formulé- sachant que l'auteur explique plus haut que certains affirment que les fondamentalistes sont les plus rigoureux applicateurs de la foi islamique, et le met en balance avec sa sortie sur l'islamophobie fantasmée. Quel rapport dans le contexte? Ceusse qui verraient de l'islamophobie partout seraient les défenseurs d'un islam radical? C'est pas un peu n'importe quoi? (2)

Pour en revenir à sa conclusion sur les hérétiques (du point de vue du Daesh, donc) qui seraient l'avenir de l'islam, oui, certes, mais c'est pas le sujet (et c'est un peu raide qu'un non-musulman se permette de dire ce qui relève de l'avenir de l'islam mais bon, on n'est plus à ça hein. Le gars t'explique gentiement ce que doit être un-e bon-ne musulman-e alors s'il te plaît.) (si d'aventure te prenait l'envie à toi, l'hérétique athée, de venir lui dire que certains catholiques et pas d'autres sont l'avenir de la chrétienté, il te dirait sûrement que tu n'y connais rien et que t'as pas voix au chapitre, mais là, c'est différent. Pourquoi? Parce que.) 

Sujet qu'il a complètement occulté et qui pourtant est au centre de ce qu'il désigne comme une "polémique": la nécessité pour les musulman-e-s de se justifier d'être musulman-es. La demande médiatique et étatique de non-communautarisme (3) Personne ne demande aux personnes de confession juive de se désolidariser de la LDJ (on ne condamne même pas la LDJ, vous me direz) par exemple.

Cette demande est exclusivement tournée vers les musulman-e-s. Et si les musulman-e-s prennent spontanément l'initiative de manifester leur désavoeu, c'est peut-être, j'sais pas-je vois de l'islamophobie et du racisme partout, mon point de vue est forcément faussé-c'est peut-être disais-je, parce que, imaginons, soyons foufous (hystériques, pour reprendre la terminologie de l'auteur) les musulman-e-s font l'objet d'une stigmatisation avérée au point d'avoir intégré la nécessité de sortir les bras en l'air, pour dire "non non non tirez pas, je n'ai rien à voir là-dedans". 

Les musulman-e-s savent pertinemment que pour eux, pas de bénéfice du doute. 

Tant que cette stigmatisation sera niée, il se trouvera de bonnes âmes paternalistes pour dire aux musulman-e-s ce qu'il convient de faire, et accuser de paranoïa toute personne trouvant cette injonction ontologiquement discriminante. Voilà comment parler en lieu et place des concerné-e-s, tout en leur faisant implicitement du chantage: tu dis rien? Tu cautionnes. 

Bien joué.

Et pendant ce temps: toujours du deux-poids/deux-mesures. Mais c'est probablement dans notre tête, une fois encore. 



 




 


* Je suis la dernière personne à me souvenir de l'existence de Philippe Douste-Blazy, en lui rendant de discrets mais émouvants hommages. 

(1)au passage, sympa de leur demander de s'exposer; à en croire les médias, (ne le faites pas) si les groupuscules du même acabit foisonnent sur notre territoire, les musulman-e-s impliqués dans Not In my Name, donc les "traîtres" du point de vue des radicaux, sont conséquemment en danger... 

(2) D'autant plus que ça permet tranquillou d'empêcher toute dénonciation de l'islamophobie, selon le principe que l'on appelle en rhétorique le "camouflage caca": "tu parles d'islamophobie? Haaan, t'es un extrêmiste cautionnant les fondamentalistes, tu veux empêcher que l'on dénonce leur action, fasciiiiiiiiiste islamo-gauchiiiiiiiiste". 

(3) Un paradoxe de plus: "vous ne devez pas être communautaristes" mais "vous êtes tout-e-s les mêmes, sauf mention contraire de votre part à haute et intelligible voix". Oui, si tu te désolidarises tout seul dans ton salon, ça ne compte pas, sache-le, camarade bougnoule musulman-e. 



 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Published by Ficus
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commentaires

MrHyde 05/10/2014 16:07

Je suis d'accord sur le fait qu'on amoindrie systématiquement l'islamophobie en France, que l'on retrouve pourtant partout, à des heures de grandes écoutes.
Ficus a raison sur ce point ainsi que l'attitude mal placée du " paternalisme " au sujet d'une minorité déjà bien opprimée. On peut faire valoir ses idées bien sûr, mais il est vrai que Meneldil
pouvait sonner péremptoire.
Au plaisir de vous lire tout les deux, encore.

MrHyde 05/10/2014 15:46

Précision :
Je trouvais le texte original de Meneldil plutôt bien argumenté. Ta réponse m'a paru agressive, plutôt que constructive. Question de ressenti. Cependant, je ne trouve pas le droit de réponse de
Meneldil dénué de lacunes, en particulier les piques qui ne font rien avancer. En somme, j'aime bien vous lire. Cependant, vos textes ressemblent plus à du démontage en règle à coup de " c'est lui
qui a commencé d'abord ", c'est un peu dommage ?
Vous avez des avis tranchés sur la question, c'est évident.
Hier je fus acide, et je m'en excuse. Certaines réponses ont été tout aussi désagréable, bien qu'avec l'agacement, ça se comprends. On dit que Meneldil est agressif mais on traite son texte de "
merde ". Bon. C'est pas le meilleur exemple de diplomatie.
Sur-ce, passez une bonne journée et paix sur les poneys gris.

joneskind 05/10/2014 14:08

@MrHyde

"Et sympa ta réponse Jones"

De rien, tout le plaisir est pour moi.

"Un torchon ? (...) pourquoi pas un mouchoir ?"

C'est une question d'étymologie. Tu comprends bien que pour un article qui sent la merde, j'avais pas l'embarras du choix.

C'est un torchon parce que c'est une dissertation ad hominem. C'est pas une bataille d'idée, c'est une insulte d'un bout à l'autre -

Entre les goûts de chiottes supposés de Ficus (alors que soit dit en passant, le look Mon Chalet Suisse absolument immonde de l'autre Croisé n'a pas a rougir) Sa cupidité (bouh 4 pubs au moins...
Vénale femelle va) et autre "en plus elle me site en deferer pour faire baisser mes stats" et son arrogance (vous avez vu comme elle écrit bien qu'elle est lettrée ?)
Et la justification grotesque qui suit "moi je suis à Mayotte" "moi je suis ostracisé au sein même de ma communauté chrétienne" "moi je défends le mariage gay à la sortie de mon Eglise" etc...

Un vulgaire ramassis de conneries, d'un bout à l'autre. Ni fait ni à faire.

MrHyde 05/10/2014 01:31

Et sympa ta réponse Jones. Puer autant le mépris rien qu'à la première phrase.
Un torchon ? Et bien, quel argument ! On ne saura jamais pourquoi. Pourquoi pas un mouchoir ?
Quand quelqu'un se prend la peine de répondre à une attaque. Qu'il n'est pas agressif. La moindre des choses, même si on est pas d'accord, c'est d'exprimer son désaccord avec un minimum de
pertinence.

Ficus 05/10/2014 11:27



Il est pas agressif. Lol comme disent les jeunes. En disant qu'on n'utilise pas notre cerveau, en m'appelant "poulette" "cocotte", "chérie", entre autres subtiles trouvailles? Il ne pue pas le
mépris, avec ses leçons à deux balles?  Bref, j'ai pris la peine de répondre à sa réponse à l'attaaaaque (oser critiquer un texte= attaque. Y'a pas à dire, ton copain et toi avez le sens de
la mesure.) Maintenant, il serait de bon ton de la lire (ou pas, c'est comme vous voulez, tout le monde est libre ici) puis de retourner à vos occupations. 



MrHydeCrow 05/10/2014 01:27

Pas très convaincant comme article. Ca sonne plus comme une envie de t'en prendre personnellement à l'auteur qu'une suite d'arguments pertinent. Lisant l'article de Meneldil, il n'y a pas de quoi
fouetter un chat.
Tu as l'air remonté comme une Social Justice Warrior, dois-je sortir mon meme First World Problem ?

Ficus 05/10/2014 11:19



Comment je pourrais m'en prendre à l'auteur personnellement, je le connais pas. Ce qui ne le gêne pas pour me chier allègrement dessus en affirmant des contre-vérités d'ailleurs. J'ai analysé son
propos. pas de quoi fouetter un chat. Je ne suis pas une Social Justice Warrior, (la preuve, j'en ai rien à foutre si je ne convaincs pas certaines personnes) j'ai des convictions mais apparament
c'est déjà trop. Ton Meme, garde-le pour toi, ça a l'air de plus te concerner puisque tu accours pour défendre un article qui a fait l'objet d'une critique. Pas très convaincant comme
commentaire.